15.03.2009
LA POLITIQUE ET DIEU
L'INTEGRISME CATHOLIQUE
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A l'initiative de PRESENCE PROTESTANTE sur FRANCE 2, une émission courageuse en 3 volets sur :
"Des fondamentalistes à l'oeuvre"
VIDEO Politique et Dieu Partie 1
Présence protestante : "Des fondamentalistes à l’oeuvre" (1/3)
Ce film documentaire en trois parties interroge les liaisons dangereuses entre religion et politique et donne à voir les manipulations théologiques et politiques de la Bible et du Coran.
Le fondamentalisme est une sorte de perversion de la fidélité aux textes sacrés, explique l'auteur du documentaire. Ses adeptes, qu'ils soient musulmans, juifs ou chrétiens, s'en tiennent à la lettre du Coran, de la Torah, ou de la Bible, comme si le temps s'était arrêté au moment où ces livres ont été rédigés. Tout ce qui est écrit est intangible et ne peut être remis en question. Par exemple, "Dieu a créé l'homme à son image", il n'est donc pas question d'admettre la théorie de l'évolution. Pas question non plus de bioéthique, de recherche sur l'embryon, ni de dialogue entre les religions. Mais la fidélité aux textes prend un tour plus grave quand il sous-tend des motivations politiques. Ainsi en Suisse un parti politique fondé par des chrétiens ultra-conservateurs milite contre la présence de musulmans dans la pays.
Qui sont les fondamentalistes ? Comment agissent-ils ? Qu’est-ce que le fondamentalisme ? Par quels moyens peut-on contrer les tendances fondamentalistes ? La Politique et Dieu enquête sur les lectures perverties de textes sacrés et sur les liens redoutables politique – religion noués par des fondamentalistes issus du christianisme, du judaïsme et de l’islam.
Tourné notamment à Jérusalem et à Hébron, à Paris et à Saint-Denis, ainsi qu’en Suisse romande, La Politique et Dieu n’est pas une enquête exhaustive sur les fondamentalistes et leurs dérives, ni un panorama mondial des fondamentalismes islamique et évangélique les plus médiatisés ces temps-ci.
Ce documentaire montre quelques effets quotidiens du fondamentalisme dans le monde d’aujourd’hui.
À travers de paroles ordinaires et de situations emblématiques, La Politique et Dieu tente de décrypter ces phénomènes avec le concours d’observateurs avertis, tels Sébastien Fath, Olivier Roy, Alain Dieckhoff, Jean-Louis Schlegel, Jean-Michel Poffet ou Rachid Benzine.
photo Noam Arnon à Hébron © Abraham Ségal et Présence Protestante
Réalisé par Abraham Ségal, La politique et Dieu sera diffusé sur France 2, dans le cadre de Présence Protestante, en trois volets :
1. Des fondamentalistes à l’œuvre – le dimanche 16 septembre à 10h.
2. Les murs du fondamentalisme – le dimanche 30 septembre à 10h.
3. Face aux fondamentalismes – le dimanche 21 octobre à 10h.
Productrice : Séverine Boudier - Adjoints : Jean Figuière - Lydie Roshem-Clinchamps - Assistants de production : Jonathan Gonzalve - Marine Torrente
www.presenceprotestante.com

Sociologue des religions, Jean-Louis Schlegel travaille dans l’édition depuis plus de vingt ans : comme conseiller littéraire aux éditions du Seuil depuis 1986 et membre du comité de direction de la revue Esprit depuis 1988.
Bibliographie
- La loi de Dieu contre la liberté des hommes, Intégrismes et fondamentalismes, Seuil, 2003
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SEBASTIEN FATH : Historien et sociologue
Né à Strasbourg en 1968, Sébastien Fath est spécialisé dans l'étude du protestantisme évangélique. Chercheur au CNRS et chargé de conférences à l'École pratique des hautes études (Sorbonne), il a la responsabilité d'un programme de recherche sur les mutations contemporaines de la religion dans les sociétés occidentales.
Il est l'auteur de dix ouvrages, dont Militants de la Bible aux Etats-Unis : Evangéliques et fondamentalistes du Sud paru en 2004, et qui a été récompensé du Grand Prix d'histoire Chateaubriand.
Une autre manière d'être chrétien en France (Labor & Fides, 2001)
Billy Graham, pape protestant? (Albin Michel, 2002)
Les Baptistes en France (1810-1950). Faits, Dates et Documents (Excelsis,2002
Les Protestants (Le Cavalier Bleu, 2003)
Dieu bénisse l'Amérique! (Seuil, 2004)
Militants de la Bible aux Etats-Unis: Evangéliques et fondamentalistes du Sud (Autrement, 2004
Du ghetto au réseau: Le protestantisme évangélique en France (1800-2005) (Labor et Fides, 2005)
Les Evangéliques à l'assaut du monde (Hérodote n° 119, La Découverte, 2005)
Philosémites chrétiens (Archives juives n° 40/1, Les Belles Lettres, mars 2007)

VIDEOS-CONFERENCES :
Sébastien Fath, Historien et sociologue
Université de Tel-Aviv - Israël, mai 2007
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Le retour des fous de Dieu… Un autre danger pour nos libertés : l’extrême droite chrétienne intégriste
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LA POLITIQUE ET DIEU 2/3
« Les murs du fondamentalisme »
VIDEOPolitique et Dieu Partie 2
Dimanche 30 septembre 2007
Présence protestante : "Des fondamentalistes à l’oeuvre" (2/3)
Ce deuxième volet commence, comme le premier, par une brève intervention de Jean-Michel Poffet, directeur de l’École biblique française de Jérusalem. Après avoir souligné les dangers de simplification et de manipulation des textes bibliques, il met en garde contre la tendance fondamentaliste à utiliser les Écritures à des fins politiques.
Sur le mont des Oliviers, face à Jérusalem, l’exégète jésuite David Neuhaus, coauteur de « La terre, la Bible et l’Histoire » avertit du danger que représente une lecture littérale de la Bible. « C’est une lecture fondamentaliste qui abolit la distance entre le temps de l’écriture des textes − il y a 2 500 ans − et aujourd’hui. Des textes prophétiques, comme le Livre d’Ézéchiel, sont utilisés par des fondamentalistes juifs et chrétiens pour justifier les plans de reconstruction du Temple de Jérusalem.
Des textes du Livre du Deutéronome sur des guerres saintes, où Dieu prend la terre d’autres peuples pour la donner au seul "peuple élu" et ordonne le génocide des populations autochtones, peuvent être lus d’une façon pervertie si l’on ignore le contexte historique dans lequel ils ont été écrits. Et si l’on ne prend pas en considération les intérêts théologiques et politiques des rédacteurs juifs de la Bible. »
Le cas d’Hébron illustre et prolonge le propos de David Neuhaus. Au cœur de la vielle ville d’Hébron, un vaste monument hérodien, édifié il y a 2000 ans, abrite des lieux saints pour les trois religions abrahamiques. Le vieux conflit d’héritage autour du Tombeau des Patriarches - Mosquée d’Ibrahim s’est aggravé après l’occupation israélienne de 1967. Les provocations de quelques centaines de colons extrémistes établis depuis 1968 au centre de la ville arabe, sous protection de Tsahal, ont transformé Hébron en un foyer permanent de tension et de violence.
L'historien jésuite David Neuhaus juge "dangereuse" une lecture littérale de la Bible "qui abolit la distance entre le temps de l'écriture des textes -il y a 2.500 ans- et aujourd'hui". Les fondamentalistes, explique-t-il, se servent des textes pour justifier leurs actions. Ainsi à Jérusalem, un groupe ultra réclame régulièrement la construction du Troisième Temple, parce qu'elle a été annoncée par le prophète Ezéchiel. Ce qui conduirait à détruire la mosquée Al-Aqsa, lieu saint pour les musulmans. Du côté palestinien, l'islamisme radical se développe aussi, comme en témoigne le succès électoral du Hamas. Et plus généralement les islamistes imposent des codes familiaux, sociaux, vestimentaires, prétendument dictés par des sourates. Le réalisateur souligne aussi le militantisme des protestants fondamentalistes américains qui tirent de la Bible les règles de leur vie matérielle et spirituelle au point de donner des consignes de vote. Un des intervenants remarque que sans eux, l'actuel président des USA, qui affichait dès sa campagne ses convictions religieuses, n'aurait pas été élu.
Sur l’escalier qui monte au Tombeau des Patriarches (appelé par les juifs Makpéla, la grotte double), Noam Arnon, le porte-parole des colons, déclare :
« Pour nous, les juifs, c’est le deuxième lieu saint au monde. C’est le premier endroit acheté par notre ancêtre Abraham pour y ensevelir Sarah, sa femme. Cette terre a été donnée par les Patriarches à leurs fils légitimes : Isaac, Jacob-Israël, puis aux fils d’Israël. C’est ce que dit la Bible. Et le monde entier reconnaît que le droit du peuple juif sur cette terre est fondé sur la Bible. »
En désignant les volets clos des commerces palestiniens, plus d’une centaine dans cette rue commerçante qui mène au Tombeau, Noam Arnon justifie leur fermeture « pour empêcher les terroristes arabes de pénétrer et se cacher dans cette rue, au cœur du ghetto juif. ».
Mais le rôle des colons dépasse la sauvegarde d’une communauté et d’une tradition juives à Hébron. « Nous avons ici la mission, affirme Noam Arnon, d’empêcher la victoire du terrorisme arabe. Et de stopper cette terreur islamiste qui menace le monde. »
Sous la pression des colons et de l’armée, beaucoup de Palestiniens ont été contraints de quitter la vieille ville d’Hébron. On découvre quelques rues du souk palestinien en compagnie d’Anouar Abou Eisheh, professeur de droit civil à l’université Al-Qods, proche de Jérusalem. Il dit : « Dans cette ville vivaient avant 1967 plus de 35 000 habitants. Il n’en reste actuellement que deux ou trois mille. Les autres ont été obligés de quitter à cause de l’occupation. ».
Au bout du marché, la rue est coupée par un barrage et des tourniquets métalliques. On aperçoit vaguement, à travers le tourniquet, la grande bâtisse de la mosquée d’Hébron. « On est juste à côté des tourniquets qui ont été installés par l’armée israélienne pour protéger les colons, dit Anouar. Il est interdit aux Palestiniens de passer sans être fouillés. Et juste de l’autre côté, c’est l’entrée de la Mosquée d’Abraham. »
Sur les moniteurs d’une salle de montage, on écoute la suite de l’entretien de Noam Arnon, le porte-parole des colons : « Et nous sommes les fils de Jacob, les fils d’Israël. Voilà pourquoi aujourd’hui cet État porte le nom d’Israël. »
Alain Dieckhoff, sociologue du politique qui travaille notamment au Centre d’études et de recherches internationales (CERI), met en perspective les propos d’Arnon :
« Le sionisme religieux avait attribué d’emblée une valeur religieuse à la naissance de l’État d’Israël qu’il considérait comme l’aube de la rédemption, le début des temps messianiques. Mais il n’en tirait pas de conclusion en ce qui concerne l’action quotidienne. La grande rupture s’est faite à partir de 1967, de la guerre des Six-Jours, où le sionisme religieux va basculer dans un messianisme de type activiste. Les fondamentalistes sionistes vont considérer que la colonisation juive de la Cisjordanie est véritablement un devoir religieux. Les juifs doivent donc venir en masse dans ces territoires pour hâter la fin des temps, la venue du Messie. »
Au renforcement du sionisme religieux correspond, du côté palestinien, une montée en puissance des islamistes. S’il est souvent question du Hamas, principale formation politique dans les territoires palestiniens, d’autres mouvements et partis en Israël et en Cisjordanie combinent foi musulmane et politique radicale. Sans pour autant user de la violence. Ainsi, le Mouvement islamique qui est bien implanté en Israël, et notamment au nord du pays, le village de Kafr Cana, en Galilée, est Page 3 mondialement célèbre grâce aux « Noces de Cana » et au récit du miracle fait par Jésus en changeant l’eau en vin.
« Aujourd’hui, les musulmans représentent 80% de la population et les chrétiens 20% » nous confie le cheikh Kamal Khatib, imam de la principale mosquée du village. Cheikh Khatib est surtout connu comme délégué national du mouvement islamique dirigé par le médiatique cheikh Raid Salah, dont la popularité et le discours radical exaspèrent les autorités israéliennes. Khatib se définit comme musulman, Arabe, Palestinien, vivant sur sa terre et celle de ses ancêtres dans l’État d’Israël.
« Pour moi, personnellement, l’islam représente tout, dit-il. Nous ne reconnaissons pas laet politique. Le religieux et le politique vont ensemble, et c’est encore plus valable pour l’identité religieuse musulmane de cette terre. » Et en dépit de la présence de Jésus dans le village, Khatib rejoint sur ce point Hani Ramadan : « Nous n’adhérons pas à la maxime selon laquelle ce qui est à César est à César et ce qui est à Dieu est à Dieu. » séparation entre religion
Il condamne fermement la politique d’Israël envers les Palestiniens et les menaces contre les lieux saints de l’Islam. « Nous considérons qu’Israël cherche à exploiter la guerre mondiale livrée actuellement contre l’islam sous l’appellation de “guerre contre le terrorisme” afin d’étouffer la voix islamiste qui veut affirmer notre appartenance légale à cette terre, à Jérusalem et à la sainte mosquée Al-Aqsa. »
Mais d’autres islamistes en Palestine se soucient peu du nationalisme palestinien. Ils considèrent que les musulmans appartiennent à une seule nation par delà les frontières et rêvent d’un grand État islamique qui appliquerait la loi divine de l’islam.
Amjad Natche, jeune professeur de l’université islamique d’Hébron déclare :
« Je ne suis pas concerné par la seule Palestine, mais par l’islam dans son ensemble. Il y a une centaine d’années, il n’y avait pas de séparation : nous faisions tous partie d’un seul État, la nation islamique. C’est à cela que j’aspire. L’islam englobe tout. En ce qui concerne la vie privée, l’islam fixe les lois qui la régissent : ce que vous pouvez manger ou non, ce que vous devez porter, ce que vous devez apprécier ou refuser. Pour qu’un État fonctionne bien, il doit être régi par la loi de Dieu. ».
Selon Anouar Abou Eisheh que l’on retrouve près de l’université d’Hébron,
« lorsqu’on vit dans une société à majorité musulmane, on ne peut que prendre en compte les croyances des individus de cette société. Le tout est de savoir si l’on n’applique que les lois islamiques ou également d’autres lois. »
Palestinien laïc, Anouar pense qu’aujourd’hui en Palestine on ne peut pas appliquer à la lettre des lois islamiques,
« d’autant plus que nous faisons partie d’un monde qui évolue. Le problème que posent en Palestine les mouvements religieux fondamentalistes sera résolu avec la fin de l’occupation si le conflitisraélo-palestinien se terminait par des accords pacifiques qui s’appliquent sur le terrain ».
À l’inverse, Amjad Natche affirme que
« le problème palestinien est une partie du problème de l’islam. Ce qui se passe en Irak aura des conséquences sur ce qui se passe en Palestine. Ce qui se passe en Somalie ou en Indochine aussi. C’est l’union de tous les musulmans qui résoudra le problème palestinien. »
Les images et les cris des foules musulmanes qui manifestent un peu partout contre les caricatures de Mahomet prolongent les propos du professeur islamiste d’Hébron. Pendant ce temps-là, à Gaza, le conflit violent entre militants islamistes du Hamas et activistes du Fath augure mal de l’entente entre Palestiniens sous l’égide de l’islam.
Olivier Roy, auteur de « L’Islam mondialisé » résume avec acuité la situation de crise des mouvements islamistes comme le Hamas :
« Ces mouvements avaient un projet de société islamique globale : mettre en place un État islamique avec une législation et une économie islamiques. Ce projet a échoué partout. Aujourd’hui, ces mouvements sont tiraillés entre deux tendances : l’une de plus en plus nationaliste comme celle du Hamas – et là, on tombe sur des luttes de pouvoir politique – et une tendance néo fondamentaliste qui se concentre sur l’application de la charia, la loi musulmane, et qui a perdu toute dimension politique et nationaliste. »
Lors d’une discussion sur le fondamentalisme, des étudiants d’origine musulmane, qui participent à un groupe de lecture du Coran animé par l’anthropologue et exégète Rachid Benzine, rencontrent quelques étudiants et enseignants à la Faculté de théologie protestante de Paris. Leurs échanges spontanés sont vivifiants.
— Les musulmans fondamentalistes ont un sentiment de supériorité par rapport aux autres musulmans et aux personnes d’autres religions. Pour eux, faire la guerre à des non-croyants paraît tout à fait légitime. Et Dieu les récompensera au Paradis.
— Ces jeunes des quartiers qui s’enferment dans la religion se sentent exclus. Et quand ils rencontrent quelqu’un qui « les ramènent dans la voie d’Allah », ils se prennent pour des saints. C’est très dangereux, mais l’islam, ce n’est pas que ça …
— Il y a là une sorte d’extrémisme qui existe dans toutes les religions. Pourquoi parler uniquement de l’islam ?
— Celui qui se tourne vers le fondamentalisme n’a pas envie de se poser des questions, il a envie de certitudes tout de suite.
Les fidèles qui remplissent en ce début d’après-midi la mosquée Bilal de Saint-Denis viennent-ils chercher des certitudes ou simplement accomplir des prières, pratiquer le culte ? Il s’agit d’une importante communauté, car les personnes d’origine musulmane représentent un tiers de la
population de Saint-Denis.
Parmi ces musulmans, il y a des tendances diverses et qui préfèrent s’ignorer. Ce sont en majorité des fidèles modérés bien intégrés dans la vie locale, mais aussi des « jeunes musulmans » implantés au centre ville et guidés par les enseignements de Tariq Ramadan. On y trouve également des islamistes intégristes de tendance salafiste et des fondamentalistes Tabligh. Certains militants associatifs ou politiques sont originaires de familles musulmanes, mais ne pratiquent pas.
À la mosquée, après la prière, nous parlons avec M. Rebiha, enseignant de son métier. Il fait le lien entre l’association Amal qui gère cette mosquée – en attendant la construction d’une plus vaste – et les élus de la ville. L’entretien avec Rebiha se poursuit sur le marché animé de Saint-Denis. À son avis, il n’existe pas d’incompatibilité entre la laïcité et la religion musulmane. « Ce sont deux sphères différentes. » Il évoque néanmoins le problème posé par le port du foulard qui « a mis en porte-à-faux les musulmans par rapport à la laïcité » et il ajoute que se voiler « est un ordre divin dont l’application doit se faire selon la conviction de chaque musulmane ».
Entre les deux tours des élections législatives, le marché est un lieu privilégié de campagne et d’explications politiques. Rencontré là par hasard, le député Patrick Braouezec répond à notre question :
« En tant que député, je fais la part des choses entre le domaine public et le domaine privé.
Donc, je ne fais aucune relation entre politique et religion. Je ne vois pas pourquoi la population musulmane poserait des problèmes d’intégration particuliers. D’ailleurs, c’est aujourd’hui assez criminel pour la démocratie que de faire des liens entre une communauté religieuse et la politique. »
D’autres, au contraire, tiennent à mêler religion et politique. Ainsi vient d’être créé en France, à l’instar des partis évangéliques ou catholiques suisses, le « Parti Républicain Chrétien » (PRC). Le Président fondateur de cette formation encore inconnue, Patrick Giovannoni, a vécu une partie de son enfance, dans les années soixante, en Seine Saint-Denis. Il y a trois ans, il a « reçu l’appel de Dieu », s’est fait baptiser et a décidé d’agir pour « la reconnaissance de l’Église dans la société ».
Dans son programme, on lit :
« Le Parti Républicain Chrétien a pour objectif de préserver les valeurs judéo-chrétiennes qui existent encore dans notre pays et de retrouver celles qui ont été malmenées en France comme en Europe depuis plusieurs décennies. » Avec comme slogan « Ensemble, changeons les cœurs pour changer la Nation », le PRC propose « une véritable alternative chrétienne en politique ».
À la terrasse d’un café parisien, Patrick Giovannoni, le président du PRC, expose le projet politique à trois membres de son staff dont Paul Ohlott, l’attaché de presse : « Aujourd’hui, en sortant de l’ombre, nous allons présenter le Parti à la population, aux citoyens. Nous voulons créer un nouveau clivage qui va opposer le christianisme au système humaniste. L’idée est de tracer une ligne politique à la lumière de l’Évangile. »
Paul Ohlott :
« C’est une traduction de l’Évangile en termes politiques ? »
Patrick Giovannoni :
« La grosse difficulté était de rendre palpable la parole de Dieu aujourd’hui. Dieu est au centre de ce parti politique. Il dit Lui-même qu’Il est la vérité et nous voulons faire un parti qui prône la vérité. Et c’est le nouveau clivage que nous voulons créer entre valeurs chrétiennes et valeurs humanistes. La différence est simple : les chrétiens pensent que Dieu est au-dessus de tout.
Les humanistes ont rejeté Dieu et proclamé « Ni Dieu ni maître ». Ils pensent donc ils sont et, puisqu’ils peuvent penser par eux-mêmes, ils n’ont pas besoin d’un être supérieur, d’un être suprême. »
Le PRC prépare sa convention fondatrice à l’automne 2007 et s’apprête à présenter des candidats aux élections municipales de 2008.
VIDEOLe Parti Républicain Chrétien sur France 2
Éditeur au Seuil, et membre de la direction de la revue « Esprit », Jean-Louis Schlegel est l’auteur d’un essai clairvoyant sur intégrismes et fondamentalismes : « La loi de Dieu contre la liberté des hommes
Il dit :
« L’intégrisme catholique est une réaction à la Révolution française. Mais si l’Église a évolué depuis quelque temps, les intégristes n’ont pas fait de même. Comme les fondamentalistes protestants, les intégristes voudraient instaurer, s’ils avaient le pouvoir, un État catholique avec des valeurs catholiques. Les fondamentalistes protestants, qui sont conquérants et très prosélytes, exercent une influence sur l’Église catholique. On l’a bien vu aux États-Unis, où des catholiques, y compris des évêques, ont rejoint le camp fondamentaliste en faveur de Bush aux élections de 2004. »
Schlegel souligne les paradoxes dans l’Église catholique, qui est très conservatrice sur des questions éthiques − pour tout ce qui concerne la morale et la vie humaine − et plutôt progressiste sur le plan social.
« Il y a un vrai combat de l’Église catholique contre l’avortement et contre les recherches génétiques sur l’embryon. Là-dessus, il y a un accord de fait avec les fondamentalistes protestants.
Autant sur la morale personnelle, l’Église demeure traditionnaliste et, disons-le, réactionnaire, autant du point de vue social, c’est plutôt une Église ouverte, qui appelle à la tolérance. »
À la Faculté de théologie protestante de Paris la discussion sur le fondamentalisme se poursuit. Rachid Benzine cite comme exemple de clôture fondamentaliste les textes de la « Déclaration de Chicago sur l’inerrance biblique » (octobre 1978) qui sert de base au discours des fondamentalistes protestants sur l’infaillibilité d’une Bible sans erreur.
« Nous affirmons qu’il faut recevoir les Saintes Écritures comme la Parole de Dieu, revêtue de son autorité. Nous rejetons l’opinion selon laquelle les Écritures recevraient leur autorité de l’Église, de la tradition, ou de toute autre source humaine. » « À partir de là, commente Benzine, il n’y a même plus l’idée d’un questionnement. Tout est clôturé ! » Un étudiant intervient : « Ceci me paraît le b-a ba de tout croyant. Il dira : oui, c’est la parole de Dieu, je ne peux pas lala retoucher… »
mettre en question, je ne peux pas
Le philosophe Olivier Abel réagit :
« Le fondamentalisme, c’est un rapport très pratique et personnel au texte : qu’est-ce que je fais de ce texte ? Il me parle à moi directement, c’est l’Esprit, c’est Dieu qui me parle. Le fondamentalisme n’est pas forcément une sorte de clôture du texte. C’est une lecture pragmatique et, je dirais, ultramoderne d’un texte qui s’adresse à moi. Mais autour de ce petit noyau authentique de “qu’est-ce que je fais moi de ce texte ?”, comme la question d’un musicien qui fait sa
chose de la partition qu’il interprète, il y a le fait qu’il prétend donner la seule bonne interprétation, immédiatement juste et inspirée. Ce placage, qui ne fait pas de place aux autres, me semble très dangereux. »
Rachid Benzine met en garde contre une certaine naïveté face à des déclarations fondamentalistes comme celle de Chicago, qui ont à la fois des incidences morales-pratiques et politiques. Sur ce point, il tire une conclusion ouverte : « Il y a une polyphonie dans les textes bibliques et dans les textes coraniques. Si nous prenons tous ces textes-là d’un point de vue littéral et au premier degré, c’en est fini du « vivre ensemble. Toute la question est : si j’accepte que les autres puissent être dans une
certaine fermeture, comment empêcher qu’elle devienne une muraille qui sépare. Il me semble qu’il faut faire très attention à ce que cette fermeture-là ne devienne pas un danger pour le « vivre ensemble ».
Abraham Ségal
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L’approche fondamentaliste semble particulièrement attirante pour les personnes qui cherchent des réponses bibliques à leurs problèmes personnels. Par ailleurs, la lecture littérale de la Bible peut aisément se transformer en hérésie idolâtre, dans la mesure où elle aboutit à l’anthropomorphisme et à la corporification de Dieu. L’on retient enfin ces propos critiques de Joseph Moingt, jésuite :
«le fondamentalisme protestant conduit au fanatisme, compris comme un comportement qui se soustrait aux contrôles de la raison comme aux requêtes de la conscience éthique commune. Non seulement il y conduit, mais on peut même avancer que le fondamentalisme a besoin des excès du fanatisme pour se prouver à lui-même et prouver à tout le monde qu’il est pure obéissance à une réalité transcendante : il se projette dans le divin du fait même de se retrancher du sens commun
Jésuite, Professeur de théologie aux Facultés jésuites de Paris
Religions, traditions et fondamentalisme, revue "ESPRIT" 1990, page 217

http://www.jesuites.com/bibliographie/auteurs/moingt.htm<...
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"Face aux fondamentalismes"
Dimanche 21 octobre 2007
Présence protestante : "Face aux fondamentalismes" (3/3)
Ce troisième et dernier volet de « La politique et Dieu » est appelé à répondre à des questions telles que :
• Comment endiguer les mouvances fondamentalistes qui érigent des barrières entre peuples, entre communautés, entre religions ? Autrement dit, comment franchir les murs, établir des ponts ?
• Peut-on concilier fidélité aux Écritures et liberté d’interprétation ?
• Comment préserver les chances de vivre ensemble avec nos différences
Serons montrés ici quelques exemples de pratiques éducatives et de transmission de valeurs comme l’écoute de l’autre et la recherche du dialogue.
En ouverture de l’émission, Jean-Michel Poffet, directeur de l’École biblique et archéologique de Jérusalem, dit :
« Pour guérir cette approche fondamentaliste des Écritures, je pense qu’il faut apprendre à situer chacun des textes, s’approcher des situations de vie qui les ont portés : est-ce une femme qui parle, ou bien un homme ? Est-ce dans une situation de désespoir ou, au contraire, de victoire ? »
Le groupe de lecture du Coran, qui se réunit pour l’occasion à la Faculté de théologie protestante de Paris, applique justement cette méthode d’approche. Son animateur, Rachid Benzine, qui a écrit
« Les nouveaux penseurs de l’islam », déclare : « Le pari que nous faisons est qu’en groupe, on peut avoir une multiplicité de lectures du même texte. Nous pouvons ainsi ne pas nous arrêter à un seul sens, voir qu’un texte peut se prêter à plusieurs interprétations ».
Le dialogue entre Rachid Benzine et Françoise Smyth, exégète protestante de l’Ancien Testament, à propos de leur travail en commun sur les textes bibliques et coraniques, éclaire les perspectives de cette méthode de lecture et d’interprétation pour faire face aux fondamentalismes.
Dans un collège de Saint-Denis faisant partie du groupe scolaire catholique Jean-Baptiste-de-La-Salle, on participe à un échange ouvert entre des élèves de 4e et trois adultes sur les valeurs humaines et le rapport à la violence dans les religions monothéistes. Comme les élèves réunis ici, les adultes sont issus de confessions différentes : Mehrézia Maïza, qui travaille comme traductrice, est musulmane d’origine tunisienne, Laurent Klein, directeur d’école élémentaire, est juif, Joseph Herveau, enseignant et adjoint en pastorale dans ce collège, est catholique. Tous les trois ont participé à la rédaction d’une série d’ouvrages éducatifs, « Sur la piste des religions », présentant le fait religieux aux élèves des classes allant de la 6e à la 3e. Le livre destiné aux élèves de 4e, « Les religions face aux questions de la vie », correspond aux interrogations des adolescents, en partant de questions générales : à quoi servent les religions ? Répondent-elles aux préoccupations des hommes ? Sur quels textes sacrés s’appuient-elles pour le faire ? Comment vivent les croyants ?
Cet ouvrage, qui se réfère au judaïsme, au christianisme, à l’islam, au bouddhisme et à l’hindouisme, souhaite élargir le regard des adolescents, enrichir leur culture religieuse et aider au vivre-ensemble.
Comme le collège de Saint-Denis, « Le Collège des Frères », dans l
http://assoc.pagespro-orange.fr/service-tv-fpf/Archives/2...
On peut également lire en complément :
1) POUVOIR DIRE NON bulletin du Cercle laïque pour la prévention du sectarisme
2) L'INTERPRETATION FONDAMENTALISTE DE L'ECRITURE Tiré de l`œuvre de : James BARR
19:42 Publié dans LES FONDAMENTALISMES | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08.03.2009
LES EVANGELIQUES ET L'EUROPE
UKRAINE
SUNDAY ADELAJA, PASTEUR AUTO-PROCLAME
"L'AMBASSADE DE DIEU EN LIGNE DE MIRE"
16 Février 2009 Par Paul Ohlott TopInfo
![]() | Le pasteur de la plus grande église évangélique d’Europe, l'Ambassade de Dieu de Kiev, n’échappe pas à la crise. En effet, depuis le mois de novembre, Sunday Adelaja est accusé de "couvrir spirituellement" une société de placements financiers dont l’un des deux directeurs a été écroué pour "fraude". Une accusation démentie par le pasteur nigérian. Quant à la "note officielle des principaux responsables des églises évangéliques d’Ukraine", Robert Senda Mulamba, représentant de l’Ambassade de Dieu en France, dénonce un regrettable "esprit de jalousie". |
Le 2 janvier, Sunday Adelaja s’est rendu dans les bureaux du Ministère des Affaires intérieures de Kiev, pour être entendu sur l’affaire du "King’s Capital" (le capital du Roi), une société de placements financiers dirigée par des membres de son église. Tout a commencé en novembre 2008, lorsque "des investisseurs se sont vu refuser le remboursement de leur placements", ce qui a causé pour certains d’entre eux, "une faillite personnelle", rapporte le magazine Christianisme Aujourd’hui. Ces investisseurs, membres de l’Ambassade de Dieu, ont porté plainte contre les responsables du gestionnaire de fortune et ont dénoncé par la même occasion, le fait que Sunday Adelaja les ait "explicitement incités à s’engager financièrement dans cette affaire". Enfin, dernier coup de massue en date, Aleksander Bandurchenko, l’un des deux Directeurs de "King’s Capital" a été écroué pour "fraude".
Faux apôtre ?
Face à la polémique qui s’enflamme, le pasteur Sunday clame son innocence. Le 26 décembre dernier, sur le site de son église, il diffuse même une lettre ouverte signée des deux Directeurs de "King’s Capital". Un courrier qui le met hors de cause. Mais cette "preuve" ne suffit pas à satisfaire les principaux responsables des autres églises évangéliques d’Ukraine, comme en témoigne la diffusion d’une "note officielle" le 29 décembre. Cette déclaration, signée notamment par Mikhail Panochko -Président de l’Union des Congrégations Ukrainiennes des Chrétiens de la Foi Evangélique (pentecôtistes)- ou encore Leonid Padun -Responsable de l’Eglise Chrétienne Evangélique Ukrainienne- dénonce sans détour "l’impact négatif" de Sunday Adelaja sur "la communauté chrétienne Ukrainienne". En guise d’introduction, les signataires citent le passage d’Apocalypse 2, verset 2 : "...Tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et tu les as trouvés menteurs". Ite missa est !
La principale crainte de ce collectif pastoral ? Une médiatisation peu flatteuse de l’ensemble de la communauté évangélique, au cas où la justice le condamnerait pour ses activités économiques. Ainsi, après la décision de se dissocier "radicalement du pasteur et de ses activités", les pasteurs condamnent à l’unisson "les aspirations à créer un culte de la personnalité", "la fausse doctrine de la prospérité, le péché de l’amour de l’argent" et "la pratique qui consiste à maudire les membres d’une église et des paroissiens qui manifestent un désaccord avec son opinion". Toujours selon leurs propos, le pasteur nigérian "s’est écarté de la saine doctrine évangélique". Jugées "infondées" et "étayées d’aucune preuve et d’aucun témoignage concret", toutes ces accusations sont récusées par Robert Senda Mulamba, le représentant de l’Ambassade de Dieu en France.
Victime de jalousie et du racisme ?
Dans un communiqué qu’il vient de nous transmettre, Robert Senda Mulamba tient à préciser que "la majorité de ces dirigeants ont toujours manifesté leur opposition au pasteur Sunday Adelaja et à l’Ambassade de Dieu". Selon son analyse, "la seule explication" serait la manifestation d’un "esprit de jalousie, face à une église qui s’est développée d’une manière fulgurante". Plus encore, M. Mulamba perçoit que "son impact sur la société et sa volonté d’évangéliser toute la nation, l’amène à une confrontation perpétuelle [...] Il est devenu une personnalité incontournable et pourrait facilement être comparé à Martin Luther King pour l’Ukraine. Ce contexte est propice au développement de jalousies et de complots". Et c’est sans oublier le racisme qui gangrène toujours ce pays. D’après le communiqué, "certains dirigeants spirituels ont tenu des propos racistes envers Sunday Adelaja".
Ce n’est pas la première fois que le Ministère de Sunday Adelaja fait l’objet de commentaires négatifs. En France, des reportages assez sévères à son encontre ont été diffusés sur Canal+ et Arte. La réaction du pasteur Sunday ? "Laissez-les dire ce qu’ils veulent sur moi, que ce soit en bien ou en mal, et ne vous offusquez jamais lorsque les médias parlent négativement de vous ! Ils dépensent des milliers d’euros pour parler de l’œuvre de Dieu à leurs téléspectateurs, gloire à Dieu !". Après sa première venue en France, fin décembre 2006, le "pasteur noir de la révolution orange" est l’invité de la prochaine pastorale de Grenoble. Une occasion de rassurer la communauté évangélique française ?
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Les Eglises pentecôtistes
inquiètent les experts
vendredi 27 juin 2008,
Le Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles (CIAOSN) s’inquiète de la présence des églises évangéliques de Pentecôte en Belgique, notamment en raison des dommages subis par les immigrants d’origine africaine, indique vendredi le quotidien De Standaard. Pour des raisons religieuses, les fidèles mettent un terme à leur traitement.
Les églises pentecôtistes africaines imposent une forte opposition entre Satan et Dieu. Selon ses principes, le Mal et les maladies peuvent être combattus grâce à des séances d’exorcisme et d’intenses prières. Pour les croyants africains, le virus du sida est un signe de Satan et ne peut être traité médicalement. "Lorsque des fidèles arrêtent leur traitement médical pour des motifs religieux, un grave problème de société se pose", indique Eric Brasseur, le directeur du CIAOSN. John van der Dussen, secrétaire du Synode fédéral des Eglises Protestantes et Evangéliques de Belgique, estime pour sa part qu’il s’agit "de dirigeants super enthousiastes d’églises privées". "Les représentants de nos églises reconnues ne mettent pas en opposition les croyances et les soins médicaux. Nous avons d’ailleurs signé une résolution dans ce sens il y a deux ans", a-t-il ajouté. (GFR)
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UKRAINE
SUNDAY ADELAJA, PASTEUR AUTO-PROCLAME
et Ambassadeur de Dieu
AGNES GORISSEN
lundi 24 décembre 2007, 11:49

Ça pourrait s’appeler « Un fou noir au pays des Blancs », mais ce serait faire injure au vrai créateur de la formule, Pie Tshibanda, et à ses spectacles. Ici, on a affaire à un vrai allumé, le pasteur Sunday Adelaja. Ce Nigérian, arrivé en Ukraine pour étudier le journalisme, y a implanté en douze ans la plus grande Eglise évangélique (du genre qui chasse les démons hors des corps) en Europe. Et bien au-delà, puisqu’il est présent dans vingt-quatre pays, jusqu’aux Etats-Unis, et qu’il vise maintenant la Chine, les pays arabes et... la France.
Allumé, mais pas fou : le pasteur, qui compte pas mal de politiciens parmi ses ouailles, dont le maire de Kiev, a créé un club des millionnaires de son Eglise ; pour en être membre, il faut gagner 50.000 dollars par an, en reverser une partie au pasteur, ne pas boire et ne pas fumer. Ce qui lui permet de ratisser plus large en investissant en force le terrain social abandonné par l’Etat depuis la chute de l’URSS.
A côté de lui, le pape est un enfant de choeur. Le pasteur Sunday Adelaja se présente ni plus ni moins comme l’ambassadeur officiel de Dieu… En Ukraine et en Russie, il remplit les stades pour des prêches au long cours où se mêlent religion, politique et pognon… Son église est désormais la plus grande d’Europe et regardez-le bien car le prochain terrain de jeu du pasteur-superstar sera la France.
TV5 LES CARNET DU BOURLINGUEUR
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VIDEOC'est dans l'air Sunday Adelaja
- Message pour la France
- 31 Janvier 2007 - Similaires
Sunday Adelaja
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Le messie noir aux pays des blancs
Arrivé à Kiev en 1989, Sunday Adelaja, un jeune Nigérian sort en 1994 diplômé de la faculté de journalisme de l’université de Kiev.
Mais son bagout ne le destine pas au journalisme, mais à la prédication.
Sunday Adelaja crèe en 1994 un courant évangélique pentecostiste qu'il nomme "Ambassade de Dieu". Il est alors financé par un banquier (bizarre..) qui lui donne 10.000$ par mois.
Très vite, son charisme attire les foules. Dès 2001, il a déjà près de 17.000 fidèles rien qu'à Kiev. Aujourd'hui, il a plus de 40.000 fidèles rien qu'à Kiev.
Il ouvre sa première "filiale" à Moscou en 2002 et s'y développe très rapidement.Son courant aujourd'hui couvre plus de 32 pays dans le monde (Ukraine, Russie, Biélorussie, Moldavie, Géorgie, USA, Canada, Allemagne, Pays-Bas, Inde, Émirats arabes unis, Israël, Nigéria, Afrique du Sud, Norvège, Corée, Danemark, Singapour, etc.) et compte plus de 400 églises à travers le monde. Il s'agit tout simplement de la plus grande église évangélique d'Europe, en à peine 12 ans.
La philosphie du pasteur est de dire que Dieu, l'argent et la politique ne peuvent faire que bon ménage. Du coup, il a une bonne partie de la classe politique et de la bourgeoisie ukrainienne dans sa poche, d'autant plus qu'il a milité pour Iouchtchenko lors de la révolution orange.
Son influence s'étend outre-mer puisqu'on le voit en photos avec Colin Powell, Bill Clinton, Chuck Nurris, Mel Gibson et pleins d'autres "personnalités".
Quant à faire de l'argent, le pasteur sait s'y prendre. Les produits dérivés foisonnent (CD, DVD, K7 audio, livres). L'Ambassade de Dieu dispose même d'une chaine de TV en Ukraine.
La stratégie d'implantation semble la même, ouvrir une petite église, s'occuper des pauvres et des plus démunis. Dès que la sauce prend, la stratégie se mue en celle implacable d'une multinationale: "GRANDIR".
Reste à comprendre comment ce "nouveau messie" Noir autoproclamée a pu réussir chez les Blancs, et projete désormais d'évangéliser les pays musulmans.
http://nino.akopo.com/category/africa-development/page/15
Malgré la xénophobie et l'Eglise orthodoxe, le prédicateur nigérian convainc.

The Guest Department of the Embassy of God church wishes to welcome you to Kyiv!
L'Express du 04/05/2006
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Le maître de Kiev
par Sylvaine Pasquier
Le nouveau maire de la capitale doit sa victoire électorale à ses largesses de campagne plus qu'à son introuvable programme politique
e nouveau maire de Kiev n'inspire guère confiance à la plupart de ses administrés. Elu fin mars avec 32% des suffrages, Leonid Tchernovetski, 55 ans, a une réputation de nouveau riche qui aime les voitures de luxe. Pour aggraver son cas, natif de l'est du pays, il parle fort mal l'ukrainien.
En 1992, cet ancien employé du parquet de Kiev a fondé la banque Pravex, qui s'est illustrée par la suite dans le négoce des métaux précieux et figure désormais parmi les 30 premières d'Ukraine. En politique, trois fois député, candidat insignifiant à la présidentielle de 2004, il s'est signalé par des convictions à géométrie variable et un comportement atypique. Son plus haut fait, note un chroniqueur de l'Eurasia Daily Monitor, consiste à avoir expédié la Bible à l'ensemble des parlementaires et des juges du pays. Car l'intéressé est un pilier de l'Embassy of the Blessed Kingdom of God for All Nations (Ambassadedu royaume de Dieu), Eglise pentecôtiste créée en 1994 à Kiev par un pasteur improvisé originaire du Nigeria et qui se prétend aujourd'hui la plus importante d'Europe. Lors des célébrations, en avril dernier, du 12e anniversaire de l'événement, Tchernovetski enseignait aux fidèles les recettes de son succès, sur le thème «Gagnez votre premier million».
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Les religions minoritaires
Secte
ou nouvelle religion, « l’ambassade de Dieu » recrute de plus en plus de fidèles en Ukraine.Depuis la chute du régime communiste, des missionnaires protestants se rendent en Europe de l'Est pour « évangéliser » la région, c'est entre autres le cas en Ukraine où plusieurs églises se sont installées depuis une dizaine d'années.
A Kiev, l'Eglise de l'Ambassade de Dieu gagne constamment enpopularité. Son Pasteur, le Nigérian SundayAdelaja, remplit des salles immenses pour des messes gospel qui n'ont rien à voir avec les cérémonies plutôt austères des églises orthodoxes... Le portrait atypique d'un pasteur africain en Ukraine, un reportage d' Alexandre Billette à Kiev.
Claudie Baran dans le Figaro Magazine du 18 03 2006
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Le pasteur noir de la "révolution orange"
Article paru dans l'édition du 20/03/2006
Par Nathalie OUVAROFF à Moscou
En 1994, Sunday Adelaja, un jeune Nigérian diplômé de la faculté de journalisme de l’université de Kiev, crée une nouvelle église qu’il nomme « l’ambassade de Dieu ». Il s’agit d’une secte protestante pentecôtiste et charismatique. A l’époque, la situation religieuse en Ukraine est tendue. Les catholiques de rite oriental (uniates) et les orthodoxes qui dépendent du patriarcat de Moscou et ceux qui dépendent de celui de Kiev se disputent les églises, et se soucient fort peu de leur fidèles.
Le charisme d’Adelaja, lui, attire les foules. L’entreprise connaît un succès indéniable. En 2001, son mouvement compte déjà 17.000 fidèles. Aujourd’hui, ils sont 40.000 dans la seule capitale, et les offices religieux à Kiev rassemblent à chaque fois plus de 10.000 personnes.
En 2003, le gouvernement ukrainien a pensé pouvoir se débarrasser du pasteur en refusant de prolonger son permis de séjour. Mais sous la pression de personnalités très haut placées, dont plusieurs députés de la Rada, elles ont dû revenir sur leur décision.
Un évangile dans une main, un programme politique dans l’autre ?
La secte du pasteur nigérian a pénétré toutes les couches de la société ukrainienne. Elle est particulièrement influente dans les milieux d’affaires, les nouveaux riches ayant été séduits par une idéologie qui considère la richesse comme un signe de la bénédiction divine. Une partie de la jeunesse ukrainienne a, elle aussi, été sensible aux thèses développées par le pasteur et à l’ambiance de fête mystique qui règne dans « l’ambassade de Dieu ». De plus, la possibilité de pouvoir s’adresser au créateur sans intermédiaire dans un pays où une partie du clergé est déconsidéré a probablement joué un rôle important.
Quant au monde politique ukrainien, il n’a pas été évité. Plusieurs députés sont officiellement membres de « l’ambassade de Dieu » d’Adelaja. L’ancienne premier ministre et icône de la « révolution orange » Ioula Timochenko aurait également assisté à des offices et manifestations de la secte. Alexander Tourtchinov, chef des Services de sécurité ukrainiens (SBU), n’a pas non plus caché pas sa sympathie pour le mouvement d’Adelaja…
Autoproclamé « nouveau messie », le pasteur nigérian s’est donné pour mission de ramener les brebis perdues d’Ukraine vers Dieu, tout en les libérant des reliquats d’un régime oppressif. « Les meilleurs fils de la nation croient fermement qu’ils peuvent apporter la lumière à leurs frères encore égarés », clame-t-il.
Jonglant entre prosélytisme religieux et politique, Adelaja tient un discours aux accents définitivement radicaux. « Les croyants doivent savoir dire non quand le pouvoir est amoral ou despotique », juge-t-il. Interrogé sur les rapports entre la politique et la religion, il a récemment souligné que « la politique est un levier. On ne peut que se féliciter si ce levier est commandé par les principes divins. Le pouvoir sert le peuple en s’appuyant sur l’évangile ».
Pasteur militant
En octobre 2004, à quelques semaines de la présidentielle ukrainienne, le pasteur s’était rendu outre-Atlantique pour appeler des fidèles à prier pour la victoire du principal candidat de l’opposition, Viktor Iouchtchenko. « C’est un chrétien, démocrate et pro-occidental, il est le choix de Dieu et doit être celui de hommes », avait-il déclaré. « Nous souhaitons une révolution à la fois démocratique et évangélique ».
Dès le début de la campagne présidentielle de 2004, les adeptes de « l’ambassade de Dieu » s'étaient lancés dans la bataille pour faire triompher leur candidat Iouchtchenko. Ils n'avaient ménagé ni efforts, ni moyens. A Kiev, ils avaient organisé le village de tentes, porté des banderoles, distribué des tracts, et même encadré même les manifestations par le « service d’ordre » de la secte.
La politique, les affaires et la foi
Le mouvement touche également le Bélarus voisin. En 1993, l’Union évangélique des chrétiens de Bélarus a été pour la première fois enregistrée auprès des autorités de Minsk. Il s’agissait alors d’une petite minorité, très éloignée de la politique, mais particulièrement active dans l’aide aux plus démunis. Elle préconisait des solutions radicales, mais efficaces, pour les problèmes de société - alcool, drogue, tabac. En quelques années, cette mouvance protestante a pris beaucoup d’ampleur, de sorte qu’il y aurait aujourd’hui environ 700 communautés au Bélarus.
Au cours d’une interview accordée début mars au journal Bélarus aujourd'hui, l’un des principaux candidats de l’opposition à l’élection présidentielle biélorusse, Alexandre Milinkevitch, disait compter sur les différentes communautés protestantes pour soutenir le mouvement démocratique biélorusse. Un mois plus tôt, l’Eglise Nouvelle Vie, succursale de « l’ambassade de Dieu » qui sévit en Ukraine depuis le milieu des années 1990, s’était par ailleurs installée à Minsk.
Reste que pour l’ambitieuse « ambassade de Dieu », les révolutions colorées, qu’elles soient ukrainienne, ou kirghize, ne sont que des premier pas. L’objectif reste Moscou. A écouter le pasteur Diouzba, le scénario est implacable. « A l’heure actuelle, notre mouvement est très actif dans la capitale. Nous avons des adeptes à la Douma et espérons que nos candidats seront élus lors des élections parlementaires de 2007 », jauge-t-il. « Nous avons conscience que nous devons pénétrer le monde des affaires moscovite pour faire comprendre comment combiner la politique, les affaires et la foi »…
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Sunday Adelaja : ‘’J’ai reçu une révélation pour la France !’’
"j'ai été choisi par Dieu pour restaurer l'Europe
et pour ramener les Européens à la foi chrétienne"
| j’ai entendu une voix forte qui proclamait : ‘’C’est la Pâque de Dieu pour la France !’’ Sunday Adelaja : "j'ai été choisi par Dieu pour restaurer l'Europe et pour ramener les Européens à la foi chrétienne"...... « Je ne voulais pas venir en France, mais Dieu m'a ordonné de le faire »....... Sunday Adelaja : « Oui, à partir de cette nouvelle année, je vais m'intéresser davantage à la France. Amen magazine : « Une cinquantaine de ministres et de parlementaires sont membres de votre église. La politique fait partie des sphères d'influence que vous appelez à ne plus négliger. Quel regard portez-vous sur la situation en France ? » Sunday Adelaja : « En France, il est absolument nécessaire que les chrétiens envahissent la sphère politique. Un parti chrétien est un outil indispensable dans toute société où les chrétiens veulent briller et proclamer la vérité. Pour que notre voix puisse être entendue, et que notre foi ne soit plus négligée, il faut obligatoirement une tribune. D'ailleurs, concernant la France, j'ai appris la création du Parti Républicain Chrétien (PRC), si j'avais un conseil à lui donner, ce serait de ne pas s'adresser uniquement aux chrétiens, mais d'établir plusieurs stratégies pour gagner en efficacité. Il doit travailler à répandre des valeurs comme la famille par exemple, mais ne pas utiliser de terminologie chrétienne. Il est également primordial qu'il se tourne vers la jeunesse afin de lui proposer un meilleur avenir. Enfin, qu'il ne néglige pas les minorités multiples dans ce pays». |
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ALLEMAGNE

8-11-2004
http://www.tunezine.com/breve.php3?id_breve=985
Les évangélistes fondamentalistes
prennent pied aussi en Allemagne

Leur apparition soudaine est souvent suivie d’une expansion tout aussi rapide : des communautés chrétiennes influencées par les prédicateurs américains et prônant un christianisme ultraconservateur et radical, à la manière de celui que professe le président américain George W. Bush, prennent aussi pied en Allemagne.
Un pasteur de Dortmund, Ruediger Hauth, expert de l’Église protestante de Westphalie pour les sectes, évalue leur audience à plusieurs dizaines de milliers d’adeptes et leur nombre ne cesse de croître.
Son collègue du Palatinat, Richard Ziegert, estime qu’ils sont 250.000 en Allemagne. Dans leur représentation du monde, les évangélistes chrétiens sont souvent sur la même ligne que le président Bush. Cependant, tandis qu’ils sont profondément ancrés dans la société américaine, ils cherchent encore leur place dans la société allemande.
Le rapport des Américains à la religion attire ceux qui cherchent un refuge dans la religion et qui se sentent loin des Églises établies d’Allemagne, catholique comme protestante, souligne le pasteur Hauth. "C’est très émotionnel, on y entend beaucoup de musique", observe-t-il.
Mais au-delà d’une allégresse frappante au premier abord, une interprétation très stricte de la Bible est imposée : "Ici la Bible est prise à la lettre". On va interroger les nouveaux adhérents sur leur mode de vie, en ayant recours à des passages de la Bible. Une "terreur" psychologique est parfois exercée, relève le pasteur Hauth. Ainsi, parfois, les animateurs en viennent à reprocher incidemment à un adhérent : "Comment, tu bois parfois encore une petite bière" !
La perspective que l’on fait miroiter à certains adeptes de recevoir des dons de prophétie ou de +parler en langues+, les motive aussi souvent à rester dans les communautés.
Les conceptions de ces groupes recoupent largement celles des évangélistes aux États-unis, dont le président Bush, "born again Christian", se sent proche depuis qu’il a arrêté de boire de l’alcool à l’âge de 40 ans.
Les prédicateurs des communautés allemandes sont formés aux États-unis, soulignent aussi les deux experts. Selon Richard Ziegert, ils reçoivent de l’argent des États-unis pour soutenir leurs activités de mission. "Il y a aussi beaucoup d’Américains qui viennent faire du prosélytisme".
Le pasteur Ziegert reproche à ces groupes venus des États-unis de chercher à établir "une nouvelle force de piétisme" -- ancien mouvement luthérien insistant plus sur la piété personnelle que sur l’obéissance à une doctrine religieuse -- et, parallèlement, de n’avoir plus de lien avec les Églises institutionnelles.
"Ce sont de petits groupes sectaires qui ne travaillent pas pour le bien public" : Richard Ziegert estime que la recherche de profits financiers est l’un des objectifs de ces groupes, certains d’entre eux cherchant aussi à créer des structures politiques.
Mais, tandis que les républicains du président Bush accordent une grande importance à la foi dans la prise de décisions politiques, les efforts pour s’implanter politiquement en Allemagne ont fait long feu.
Le principal porte-voix des fondamentalistes allemands est encore le petit parti "Partei Bibeltreuer Christen" (parti des chrétiens fidèles à la Bible), qui avait fait campagne contre l’avortement et le mariage homosexuel aux élections législatives de 2002.
Le pasteur Hauth ne croit pas que ces nouvelles communautés vont devenir plus actives politiquement, mais qu’elles vont établir de "vraies structures", ce qui leur permettra de s’établir plus solidement.
En revanche, le pasteur Ziegert prédit un engagement politique plus actif avec l’aide venue d’outre-Atlantique : "La nouvelle droite chrétienne est en train de se constituer".
Agence France-Presse
08 - 11 - 2004
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13:52 Publié dans LES EVANGELISTES A LA CONQUETE DE L'EUROPE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : evangeliques, gourous, sectes, europe, sunday adelaja




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