15.03.2009
LA POLITIQUE ET DIEU
L'INTEGRISME CATHOLIQUE
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A l'initiative de PRESENCE PROTESTANTE sur FRANCE 2, une émission courageuse en 3 volets sur :
"Des fondamentalistes à l'oeuvre"
VIDEO Politique et Dieu Partie 1
Présence protestante : "Des fondamentalistes à l’oeuvre" (1/3)
Ce film documentaire en trois parties interroge les liaisons dangereuses entre religion et politique et donne à voir les manipulations théologiques et politiques de la Bible et du Coran.
Le fondamentalisme est une sorte de perversion de la fidélité aux textes sacrés, explique l'auteur du documentaire. Ses adeptes, qu'ils soient musulmans, juifs ou chrétiens, s'en tiennent à la lettre du Coran, de la Torah, ou de la Bible, comme si le temps s'était arrêté au moment où ces livres ont été rédigés. Tout ce qui est écrit est intangible et ne peut être remis en question. Par exemple, "Dieu a créé l'homme à son image", il n'est donc pas question d'admettre la théorie de l'évolution. Pas question non plus de bioéthique, de recherche sur l'embryon, ni de dialogue entre les religions. Mais la fidélité aux textes prend un tour plus grave quand il sous-tend des motivations politiques. Ainsi en Suisse un parti politique fondé par des chrétiens ultra-conservateurs milite contre la présence de musulmans dans la pays.
Qui sont les fondamentalistes ? Comment agissent-ils ? Qu’est-ce que le fondamentalisme ? Par quels moyens peut-on contrer les tendances fondamentalistes ? La Politique et Dieu enquête sur les lectures perverties de textes sacrés et sur les liens redoutables politique – religion noués par des fondamentalistes issus du christianisme, du judaïsme et de l’islam.
Tourné notamment à Jérusalem et à Hébron, à Paris et à Saint-Denis, ainsi qu’en Suisse romande, La Politique et Dieu n’est pas une enquête exhaustive sur les fondamentalistes et leurs dérives, ni un panorama mondial des fondamentalismes islamique et évangélique les plus médiatisés ces temps-ci.
Ce documentaire montre quelques effets quotidiens du fondamentalisme dans le monde d’aujourd’hui.
À travers de paroles ordinaires et de situations emblématiques, La Politique et Dieu tente de décrypter ces phénomènes avec le concours d’observateurs avertis, tels Sébastien Fath, Olivier Roy, Alain Dieckhoff, Jean-Louis Schlegel, Jean-Michel Poffet ou Rachid Benzine.
photo Noam Arnon à Hébron © Abraham Ségal et Présence Protestante
Réalisé par Abraham Ségal, La politique et Dieu sera diffusé sur France 2, dans le cadre de Présence Protestante, en trois volets :
1. Des fondamentalistes à l’œuvre – le dimanche 16 septembre à 10h.
2. Les murs du fondamentalisme – le dimanche 30 septembre à 10h.
3. Face aux fondamentalismes – le dimanche 21 octobre à 10h.
Productrice : Séverine Boudier - Adjoints : Jean Figuière - Lydie Roshem-Clinchamps - Assistants de production : Jonathan Gonzalve - Marine Torrente
www.presenceprotestante.com

Sociologue des religions, Jean-Louis Schlegel travaille dans l’édition depuis plus de vingt ans : comme conseiller littéraire aux éditions du Seuil depuis 1986 et membre du comité de direction de la revue Esprit depuis 1988.
Bibliographie
- La loi de Dieu contre la liberté des hommes, Intégrismes et fondamentalismes, Seuil, 2003
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SEBASTIEN FATH : Historien et sociologue
Né à Strasbourg en 1968, Sébastien Fath est spécialisé dans l'étude du protestantisme évangélique. Chercheur au CNRS et chargé de conférences à l'École pratique des hautes études (Sorbonne), il a la responsabilité d'un programme de recherche sur les mutations contemporaines de la religion dans les sociétés occidentales.
Il est l'auteur de dix ouvrages, dont Militants de la Bible aux Etats-Unis : Evangéliques et fondamentalistes du Sud paru en 2004, et qui a été récompensé du Grand Prix d'histoire Chateaubriand.
Une autre manière d'être chrétien en France (Labor & Fides, 2001)
Billy Graham, pape protestant? (Albin Michel, 2002)
Les Baptistes en France (1810-1950). Faits, Dates et Documents (Excelsis,2002
Les Protestants (Le Cavalier Bleu, 2003)
Dieu bénisse l'Amérique! (Seuil, 2004)
Militants de la Bible aux Etats-Unis: Evangéliques et fondamentalistes du Sud (Autrement, 2004
Du ghetto au réseau: Le protestantisme évangélique en France (1800-2005) (Labor et Fides, 2005)
Les Evangéliques à l'assaut du monde (Hérodote n° 119, La Découverte, 2005)
Philosémites chrétiens (Archives juives n° 40/1, Les Belles Lettres, mars 2007)

VIDEOS-CONFERENCES :
Sébastien Fath, Historien et sociologue
Université de Tel-Aviv - Israël, mai 2007
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Le retour des fous de Dieu… Un autre danger pour nos libertés : l’extrême droite chrétienne intégriste
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LA POLITIQUE ET DIEU 2/3
« Les murs du fondamentalisme »
VIDEOPolitique et Dieu Partie 2
Dimanche 30 septembre 2007
Présence protestante : "Des fondamentalistes à l’oeuvre" (2/3)
Ce deuxième volet commence, comme le premier, par une brève intervention de Jean-Michel Poffet, directeur de l’École biblique française de Jérusalem. Après avoir souligné les dangers de simplification et de manipulation des textes bibliques, il met en garde contre la tendance fondamentaliste à utiliser les Écritures à des fins politiques.
Sur le mont des Oliviers, face à Jérusalem, l’exégète jésuite David Neuhaus, coauteur de « La terre, la Bible et l’Histoire » avertit du danger que représente une lecture littérale de la Bible. « C’est une lecture fondamentaliste qui abolit la distance entre le temps de l’écriture des textes − il y a 2 500 ans − et aujourd’hui. Des textes prophétiques, comme le Livre d’Ézéchiel, sont utilisés par des fondamentalistes juifs et chrétiens pour justifier les plans de reconstruction du Temple de Jérusalem.
Des textes du Livre du Deutéronome sur des guerres saintes, où Dieu prend la terre d’autres peuples pour la donner au seul "peuple élu" et ordonne le génocide des populations autochtones, peuvent être lus d’une façon pervertie si l’on ignore le contexte historique dans lequel ils ont été écrits. Et si l’on ne prend pas en considération les intérêts théologiques et politiques des rédacteurs juifs de la Bible. »
Le cas d’Hébron illustre et prolonge le propos de David Neuhaus. Au cœur de la vielle ville d’Hébron, un vaste monument hérodien, édifié il y a 2000 ans, abrite des lieux saints pour les trois religions abrahamiques. Le vieux conflit d’héritage autour du Tombeau des Patriarches - Mosquée d’Ibrahim s’est aggravé après l’occupation israélienne de 1967. Les provocations de quelques centaines de colons extrémistes établis depuis 1968 au centre de la ville arabe, sous protection de Tsahal, ont transformé Hébron en un foyer permanent de tension et de violence.
L'historien jésuite David Neuhaus juge "dangereuse" une lecture littérale de la Bible "qui abolit la distance entre le temps de l'écriture des textes -il y a 2.500 ans- et aujourd'hui". Les fondamentalistes, explique-t-il, se servent des textes pour justifier leurs actions. Ainsi à Jérusalem, un groupe ultra réclame régulièrement la construction du Troisième Temple, parce qu'elle a été annoncée par le prophète Ezéchiel. Ce qui conduirait à détruire la mosquée Al-Aqsa, lieu saint pour les musulmans. Du côté palestinien, l'islamisme radical se développe aussi, comme en témoigne le succès électoral du Hamas. Et plus généralement les islamistes imposent des codes familiaux, sociaux, vestimentaires, prétendument dictés par des sourates. Le réalisateur souligne aussi le militantisme des protestants fondamentalistes américains qui tirent de la Bible les règles de leur vie matérielle et spirituelle au point de donner des consignes de vote. Un des intervenants remarque que sans eux, l'actuel président des USA, qui affichait dès sa campagne ses convictions religieuses, n'aurait pas été élu.
Sur l’escalier qui monte au Tombeau des Patriarches (appelé par les juifs Makpéla, la grotte double), Noam Arnon, le porte-parole des colons, déclare :
« Pour nous, les juifs, c’est le deuxième lieu saint au monde. C’est le premier endroit acheté par notre ancêtre Abraham pour y ensevelir Sarah, sa femme. Cette terre a été donnée par les Patriarches à leurs fils légitimes : Isaac, Jacob-Israël, puis aux fils d’Israël. C’est ce que dit la Bible. Et le monde entier reconnaît que le droit du peuple juif sur cette terre est fondé sur la Bible. »
En désignant les volets clos des commerces palestiniens, plus d’une centaine dans cette rue commerçante qui mène au Tombeau, Noam Arnon justifie leur fermeture « pour empêcher les terroristes arabes de pénétrer et se cacher dans cette rue, au cœur du ghetto juif. ».
Mais le rôle des colons dépasse la sauvegarde d’une communauté et d’une tradition juives à Hébron. « Nous avons ici la mission, affirme Noam Arnon, d’empêcher la victoire du terrorisme arabe. Et de stopper cette terreur islamiste qui menace le monde. »
Sous la pression des colons et de l’armée, beaucoup de Palestiniens ont été contraints de quitter la vieille ville d’Hébron. On découvre quelques rues du souk palestinien en compagnie d’Anouar Abou Eisheh, professeur de droit civil à l’université Al-Qods, proche de Jérusalem. Il dit : « Dans cette ville vivaient avant 1967 plus de 35 000 habitants. Il n’en reste actuellement que deux ou trois mille. Les autres ont été obligés de quitter à cause de l’occupation. ».
Au bout du marché, la rue est coupée par un barrage et des tourniquets métalliques. On aperçoit vaguement, à travers le tourniquet, la grande bâtisse de la mosquée d’Hébron. « On est juste à côté des tourniquets qui ont été installés par l’armée israélienne pour protéger les colons, dit Anouar. Il est interdit aux Palestiniens de passer sans être fouillés. Et juste de l’autre côté, c’est l’entrée de la Mosquée d’Abraham. »
Sur les moniteurs d’une salle de montage, on écoute la suite de l’entretien de Noam Arnon, le porte-parole des colons : « Et nous sommes les fils de Jacob, les fils d’Israël. Voilà pourquoi aujourd’hui cet État porte le nom d’Israël. »
Alain Dieckhoff, sociologue du politique qui travaille notamment au Centre d’études et de recherches internationales (CERI), met en perspective les propos d’Arnon :
« Le sionisme religieux avait attribué d’emblée une valeur religieuse à la naissance de l’État d’Israël qu’il considérait comme l’aube de la rédemption, le début des temps messianiques. Mais il n’en tirait pas de conclusion en ce qui concerne l’action quotidienne. La grande rupture s’est faite à partir de 1967, de la guerre des Six-Jours, où le sionisme religieux va basculer dans un messianisme de type activiste. Les fondamentalistes sionistes vont considérer que la colonisation juive de la Cisjordanie est véritablement un devoir religieux. Les juifs doivent donc venir en masse dans ces territoires pour hâter la fin des temps, la venue du Messie. »
Au renforcement du sionisme religieux correspond, du côté palestinien, une montée en puissance des islamistes. S’il est souvent question du Hamas, principale formation politique dans les territoires palestiniens, d’autres mouvements et partis en Israël et en Cisjordanie combinent foi musulmane et politique radicale. Sans pour autant user de la violence. Ainsi, le Mouvement islamique qui est bien implanté en Israël, et notamment au nord du pays, le village de Kafr Cana, en Galilée, est Page 3 mondialement célèbre grâce aux « Noces de Cana » et au récit du miracle fait par Jésus en changeant l’eau en vin.
« Aujourd’hui, les musulmans représentent 80% de la population et les chrétiens 20% » nous confie le cheikh Kamal Khatib, imam de la principale mosquée du village. Cheikh Khatib est surtout connu comme délégué national du mouvement islamique dirigé par le médiatique cheikh Raid Salah, dont la popularité et le discours radical exaspèrent les autorités israéliennes. Khatib se définit comme musulman, Arabe, Palestinien, vivant sur sa terre et celle de ses ancêtres dans l’État d’Israël.
« Pour moi, personnellement, l’islam représente tout, dit-il. Nous ne reconnaissons pas laet politique. Le religieux et le politique vont ensemble, et c’est encore plus valable pour l’identité religieuse musulmane de cette terre. » Et en dépit de la présence de Jésus dans le village, Khatib rejoint sur ce point Hani Ramadan : « Nous n’adhérons pas à la maxime selon laquelle ce qui est à César est à César et ce qui est à Dieu est à Dieu. » séparation entre religion
Il condamne fermement la politique d’Israël envers les Palestiniens et les menaces contre les lieux saints de l’Islam. « Nous considérons qu’Israël cherche à exploiter la guerre mondiale livrée actuellement contre l’islam sous l’appellation de “guerre contre le terrorisme” afin d’étouffer la voix islamiste qui veut affirmer notre appartenance légale à cette terre, à Jérusalem et à la sainte mosquée Al-Aqsa. »
Mais d’autres islamistes en Palestine se soucient peu du nationalisme palestinien. Ils considèrent que les musulmans appartiennent à une seule nation par delà les frontières et rêvent d’un grand État islamique qui appliquerait la loi divine de l’islam.
Amjad Natche, jeune professeur de l’université islamique d’Hébron déclare :
« Je ne suis pas concerné par la seule Palestine, mais par l’islam dans son ensemble. Il y a une centaine d’années, il n’y avait pas de séparation : nous faisions tous partie d’un seul État, la nation islamique. C’est à cela que j’aspire. L’islam englobe tout. En ce qui concerne la vie privée, l’islam fixe les lois qui la régissent : ce que vous pouvez manger ou non, ce que vous devez porter, ce que vous devez apprécier ou refuser. Pour qu’un État fonctionne bien, il doit être régi par la loi de Dieu. ».
Selon Anouar Abou Eisheh que l’on retrouve près de l’université d’Hébron,
« lorsqu’on vit dans une société à majorité musulmane, on ne peut que prendre en compte les croyances des individus de cette société. Le tout est de savoir si l’on n’applique que les lois islamiques ou également d’autres lois. »
Palestinien laïc, Anouar pense qu’aujourd’hui en Palestine on ne peut pas appliquer à la lettre des lois islamiques,
« d’autant plus que nous faisons partie d’un monde qui évolue. Le problème que posent en Palestine les mouvements religieux fondamentalistes sera résolu avec la fin de l’occupation si le conflitisraélo-palestinien se terminait par des accords pacifiques qui s’appliquent sur le terrain ».
À l’inverse, Amjad Natche affirme que
« le problème palestinien est une partie du problème de l’islam. Ce qui se passe en Irak aura des conséquences sur ce qui se passe en Palestine. Ce qui se passe en Somalie ou en Indochine aussi. C’est l’union de tous les musulmans qui résoudra le problème palestinien. »
Les images et les cris des foules musulmanes qui manifestent un peu partout contre les caricatures de Mahomet prolongent les propos du professeur islamiste d’Hébron. Pendant ce temps-là, à Gaza, le conflit violent entre militants islamistes du Hamas et activistes du Fath augure mal de l’entente entre Palestiniens sous l’égide de l’islam.
Olivier Roy, auteur de « L’Islam mondialisé » résume avec acuité la situation de crise des mouvements islamistes comme le Hamas :
« Ces mouvements avaient un projet de société islamique globale : mettre en place un État islamique avec une législation et une économie islamiques. Ce projet a échoué partout. Aujourd’hui, ces mouvements sont tiraillés entre deux tendances : l’une de plus en plus nationaliste comme celle du Hamas – et là, on tombe sur des luttes de pouvoir politique – et une tendance néo fondamentaliste qui se concentre sur l’application de la charia, la loi musulmane, et qui a perdu toute dimension politique et nationaliste. »
Lors d’une discussion sur le fondamentalisme, des étudiants d’origine musulmane, qui participent à un groupe de lecture du Coran animé par l’anthropologue et exégète Rachid Benzine, rencontrent quelques étudiants et enseignants à la Faculté de théologie protestante de Paris. Leurs échanges spontanés sont vivifiants.
— Les musulmans fondamentalistes ont un sentiment de supériorité par rapport aux autres musulmans et aux personnes d’autres religions. Pour eux, faire la guerre à des non-croyants paraît tout à fait légitime. Et Dieu les récompensera au Paradis.
— Ces jeunes des quartiers qui s’enferment dans la religion se sentent exclus. Et quand ils rencontrent quelqu’un qui « les ramènent dans la voie d’Allah », ils se prennent pour des saints. C’est très dangereux, mais l’islam, ce n’est pas que ça …
— Il y a là une sorte d’extrémisme qui existe dans toutes les religions. Pourquoi parler uniquement de l’islam ?
— Celui qui se tourne vers le fondamentalisme n’a pas envie de se poser des questions, il a envie de certitudes tout de suite.
Les fidèles qui remplissent en ce début d’après-midi la mosquée Bilal de Saint-Denis viennent-ils chercher des certitudes ou simplement accomplir des prières, pratiquer le culte ? Il s’agit d’une importante communauté, car les personnes d’origine musulmane représentent un tiers de la
population de Saint-Denis.
Parmi ces musulmans, il y a des tendances diverses et qui préfèrent s’ignorer. Ce sont en majorité des fidèles modérés bien intégrés dans la vie locale, mais aussi des « jeunes musulmans » implantés au centre ville et guidés par les enseignements de Tariq Ramadan. On y trouve également des islamistes intégristes de tendance salafiste et des fondamentalistes Tabligh. Certains militants associatifs ou politiques sont originaires de familles musulmanes, mais ne pratiquent pas.
À la mosquée, après la prière, nous parlons avec M. Rebiha, enseignant de son métier. Il fait le lien entre l’association Amal qui gère cette mosquée – en attendant la construction d’une plus vaste – et les élus de la ville. L’entretien avec Rebiha se poursuit sur le marché animé de Saint-Denis. À son avis, il n’existe pas d’incompatibilité entre la laïcité et la religion musulmane. « Ce sont deux sphères différentes. » Il évoque néanmoins le problème posé par le port du foulard qui « a mis en porte-à-faux les musulmans par rapport à la laïcité » et il ajoute que se voiler « est un ordre divin dont l’application doit se faire selon la conviction de chaque musulmane ».
Entre les deux tours des élections législatives, le marché est un lieu privilégié de campagne et d’explications politiques. Rencontré là par hasard, le député Patrick Braouezec répond à notre question :
« En tant que député, je fais la part des choses entre le domaine public et le domaine privé.
Donc, je ne fais aucune relation entre politique et religion. Je ne vois pas pourquoi la population musulmane poserait des problèmes d’intégration particuliers. D’ailleurs, c’est aujourd’hui assez criminel pour la démocratie que de faire des liens entre une communauté religieuse et la politique. »
D’autres, au contraire, tiennent à mêler religion et politique. Ainsi vient d’être créé en France, à l’instar des partis évangéliques ou catholiques suisses, le « Parti Républicain Chrétien » (PRC). Le Président fondateur de cette formation encore inconnue, Patrick Giovannoni, a vécu une partie de son enfance, dans les années soixante, en Seine Saint-Denis. Il y a trois ans, il a « reçu l’appel de Dieu », s’est fait baptiser et a décidé d’agir pour « la reconnaissance de l’Église dans la société ».
Dans son programme, on lit :
« Le Parti Républicain Chrétien a pour objectif de préserver les valeurs judéo-chrétiennes qui existent encore dans notre pays et de retrouver celles qui ont été malmenées en France comme en Europe depuis plusieurs décennies. » Avec comme slogan « Ensemble, changeons les cœurs pour changer la Nation », le PRC propose « une véritable alternative chrétienne en politique ».
À la terrasse d’un café parisien, Patrick Giovannoni, le président du PRC, expose le projet politique à trois membres de son staff dont Paul Ohlott, l’attaché de presse : « Aujourd’hui, en sortant de l’ombre, nous allons présenter le Parti à la population, aux citoyens. Nous voulons créer un nouveau clivage qui va opposer le christianisme au système humaniste. L’idée est de tracer une ligne politique à la lumière de l’Évangile. »
Paul Ohlott :
« C’est une traduction de l’Évangile en termes politiques ? »
Patrick Giovannoni :
« La grosse difficulté était de rendre palpable la parole de Dieu aujourd’hui. Dieu est au centre de ce parti politique. Il dit Lui-même qu’Il est la vérité et nous voulons faire un parti qui prône la vérité. Et c’est le nouveau clivage que nous voulons créer entre valeurs chrétiennes et valeurs humanistes. La différence est simple : les chrétiens pensent que Dieu est au-dessus de tout.
Les humanistes ont rejeté Dieu et proclamé « Ni Dieu ni maître ». Ils pensent donc ils sont et, puisqu’ils peuvent penser par eux-mêmes, ils n’ont pas besoin d’un être supérieur, d’un être suprême. »
Le PRC prépare sa convention fondatrice à l’automne 2007 et s’apprête à présenter des candidats aux élections municipales de 2008.
VIDEOLe Parti Républicain Chrétien sur France 2
Éditeur au Seuil, et membre de la direction de la revue « Esprit », Jean-Louis Schlegel est l’auteur d’un essai clairvoyant sur intégrismes et fondamentalismes : « La loi de Dieu contre la liberté des hommes
Il dit :
« L’intégrisme catholique est une réaction à la Révolution française. Mais si l’Église a évolué depuis quelque temps, les intégristes n’ont pas fait de même. Comme les fondamentalistes protestants, les intégristes voudraient instaurer, s’ils avaient le pouvoir, un État catholique avec des valeurs catholiques. Les fondamentalistes protestants, qui sont conquérants et très prosélytes, exercent une influence sur l’Église catholique. On l’a bien vu aux États-Unis, où des catholiques, y compris des évêques, ont rejoint le camp fondamentaliste en faveur de Bush aux élections de 2004. »
Schlegel souligne les paradoxes dans l’Église catholique, qui est très conservatrice sur des questions éthiques − pour tout ce qui concerne la morale et la vie humaine − et plutôt progressiste sur le plan social.
« Il y a un vrai combat de l’Église catholique contre l’avortement et contre les recherches génétiques sur l’embryon. Là-dessus, il y a un accord de fait avec les fondamentalistes protestants.
Autant sur la morale personnelle, l’Église demeure traditionnaliste et, disons-le, réactionnaire, autant du point de vue social, c’est plutôt une Église ouverte, qui appelle à la tolérance. »
À la Faculté de théologie protestante de Paris la discussion sur le fondamentalisme se poursuit. Rachid Benzine cite comme exemple de clôture fondamentaliste les textes de la « Déclaration de Chicago sur l’inerrance biblique » (octobre 1978) qui sert de base au discours des fondamentalistes protestants sur l’infaillibilité d’une Bible sans erreur.
« Nous affirmons qu’il faut recevoir les Saintes Écritures comme la Parole de Dieu, revêtue de son autorité. Nous rejetons l’opinion selon laquelle les Écritures recevraient leur autorité de l’Église, de la tradition, ou de toute autre source humaine. » « À partir de là, commente Benzine, il n’y a même plus l’idée d’un questionnement. Tout est clôturé ! » Un étudiant intervient : « Ceci me paraît le b-a ba de tout croyant. Il dira : oui, c’est la parole de Dieu, je ne peux pas lala retoucher… »
mettre en question, je ne peux pas
Le philosophe Olivier Abel réagit :
« Le fondamentalisme, c’est un rapport très pratique et personnel au texte : qu’est-ce que je fais de ce texte ? Il me parle à moi directement, c’est l’Esprit, c’est Dieu qui me parle. Le fondamentalisme n’est pas forcément une sorte de clôture du texte. C’est une lecture pragmatique et, je dirais, ultramoderne d’un texte qui s’adresse à moi. Mais autour de ce petit noyau authentique de “qu’est-ce que je fais moi de ce texte ?”, comme la question d’un musicien qui fait sa
chose de la partition qu’il interprète, il y a le fait qu’il prétend donner la seule bonne interprétation, immédiatement juste et inspirée. Ce placage, qui ne fait pas de place aux autres, me semble très dangereux. »
Rachid Benzine met en garde contre une certaine naïveté face à des déclarations fondamentalistes comme celle de Chicago, qui ont à la fois des incidences morales-pratiques et politiques. Sur ce point, il tire une conclusion ouverte : « Il y a une polyphonie dans les textes bibliques et dans les textes coraniques. Si nous prenons tous ces textes-là d’un point de vue littéral et au premier degré, c’en est fini du « vivre ensemble. Toute la question est : si j’accepte que les autres puissent être dans une
certaine fermeture, comment empêcher qu’elle devienne une muraille qui sépare. Il me semble qu’il faut faire très attention à ce que cette fermeture-là ne devienne pas un danger pour le « vivre ensemble ».
Abraham Ségal
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L’approche fondamentaliste semble particulièrement attirante pour les personnes qui cherchent des réponses bibliques à leurs problèmes personnels. Par ailleurs, la lecture littérale de la Bible peut aisément se transformer en hérésie idolâtre, dans la mesure où elle aboutit à l’anthropomorphisme et à la corporification de Dieu. L’on retient enfin ces propos critiques de Joseph Moingt, jésuite :
«le fondamentalisme protestant conduit au fanatisme, compris comme un comportement qui se soustrait aux contrôles de la raison comme aux requêtes de la conscience éthique commune. Non seulement il y conduit, mais on peut même avancer que le fondamentalisme a besoin des excès du fanatisme pour se prouver à lui-même et prouver à tout le monde qu’il est pure obéissance à une réalité transcendante : il se projette dans le divin du fait même de se retrancher du sens commun
Jésuite, Professeur de théologie aux Facultés jésuites de Paris
Religions, traditions et fondamentalisme, revue "ESPRIT" 1990, page 217

http://www.jesuites.com/bibliographie/auteurs/moingt.htm<...
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"Face aux fondamentalismes"
Dimanche 21 octobre 2007
Présence protestante : "Face aux fondamentalismes" (3/3)
Ce troisième et dernier volet de « La politique et Dieu » est appelé à répondre à des questions telles que :
• Comment endiguer les mouvances fondamentalistes qui érigent des barrières entre peuples, entre communautés, entre religions ? Autrement dit, comment franchir les murs, établir des ponts ?
• Peut-on concilier fidélité aux Écritures et liberté d’interprétation ?
• Comment préserver les chances de vivre ensemble avec nos différences
Serons montrés ici quelques exemples de pratiques éducatives et de transmission de valeurs comme l’écoute de l’autre et la recherche du dialogue.
En ouverture de l’émission, Jean-Michel Poffet, directeur de l’École biblique et archéologique de Jérusalem, dit :
« Pour guérir cette approche fondamentaliste des Écritures, je pense qu’il faut apprendre à situer chacun des textes, s’approcher des situations de vie qui les ont portés : est-ce une femme qui parle, ou bien un homme ? Est-ce dans une situation de désespoir ou, au contraire, de victoire ? »
Le groupe de lecture du Coran, qui se réunit pour l’occasion à la Faculté de théologie protestante de Paris, applique justement cette méthode d’approche. Son animateur, Rachid Benzine, qui a écrit
« Les nouveaux penseurs de l’islam », déclare : « Le pari que nous faisons est qu’en groupe, on peut avoir une multiplicité de lectures du même texte. Nous pouvons ainsi ne pas nous arrêter à un seul sens, voir qu’un texte peut se prêter à plusieurs interprétations ».
Le dialogue entre Rachid Benzine et Françoise Smyth, exégète protestante de l’Ancien Testament, à propos de leur travail en commun sur les textes bibliques et coraniques, éclaire les perspectives de cette méthode de lecture et d’interprétation pour faire face aux fondamentalismes.
Dans un collège de Saint-Denis faisant partie du groupe scolaire catholique Jean-Baptiste-de-La-Salle, on participe à un échange ouvert entre des élèves de 4e et trois adultes sur les valeurs humaines et le rapport à la violence dans les religions monothéistes. Comme les élèves réunis ici, les adultes sont issus de confessions différentes : Mehrézia Maïza, qui travaille comme traductrice, est musulmane d’origine tunisienne, Laurent Klein, directeur d’école élémentaire, est juif, Joseph Herveau, enseignant et adjoint en pastorale dans ce collège, est catholique. Tous les trois ont participé à la rédaction d’une série d’ouvrages éducatifs, « Sur la piste des religions », présentant le fait religieux aux élèves des classes allant de la 6e à la 3e. Le livre destiné aux élèves de 4e, « Les religions face aux questions de la vie », correspond aux interrogations des adolescents, en partant de questions générales : à quoi servent les religions ? Répondent-elles aux préoccupations des hommes ? Sur quels textes sacrés s’appuient-elles pour le faire ? Comment vivent les croyants ?
Cet ouvrage, qui se réfère au judaïsme, au christianisme, à l’islam, au bouddhisme et à l’hindouisme, souhaite élargir le regard des adolescents, enrichir leur culture religieuse et aider au vivre-ensemble.
Comme le collège de Saint-Denis, « Le Collège des Frères », dans l
http://assoc.pagespro-orange.fr/service-tv-fpf/Archives/2...
On peut également lire en complément :
1) POUVOIR DIRE NON bulletin du Cercle laïque pour la prévention du sectarisme
2) L'INTERPRETATION FONDAMENTALISTE DE L'ECRITURE Tiré de l`œuvre de : James BARR
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Civitas, l'école extrémiste d'Alain Escada




Commentaires
Si l'intégrisme consiste à refuser qu'on tue des bébés, sous prétexte qu'ils ne sont pas des hommes soi-disant, alors soyons intégristes.
On en viendra ensuite à tuer les débiles mentaux comme au temps d'Hitler puisqu'ils n'ont pas l'usage de la raison et sont donc inutiles, nuisibles et source d'ennui pour leur famille, raisons invoquées pour pratiquer l'avortement ... Un débile mental ne sert à rien : donc pourquoi ne pas l'abattre comme un animal si la famille le veut ? Comme on tue les bébés sous prétexte qu'ils ne sont pas nés...
La théorie de l'évolution : ridicule, on a toujours pas retrouvé dans les fossiles les fameux chaînons manquants qui devraient exister transitoirement pour le passage évolutif d'une espèce à une autre. Les fossiles de toujours les mêmes espèces s'accumulent dans les musées, et les chaînons manquants sont toujours... manquants... Je préfère pour ma part m'en tenir à Humani generis de Pie XII. Ca me permet au moins d'être en accord à la fois avec Pie XII et avec les faits. La théorie de l'évolution a été soutenue par les matérialistes pour soutenir leur opinion d'un monde provenant du hasard mais leur théorie n'a toujours pas été entérinée par les faits... qu'ils produisent leurs chaînons manquants et ils seront déjà plus crédibles!!! Mais ils ne peuvent pas le faire, c'est pourquoi nous n'avons aucun manuel viable expliquant analyses ADN à l'appui le parcours évolutif d'au moins une espèce de son origine à nos jours. On peut voir dans les vieux manuels "l'évolution" du cheval et autres espèces, mais les scientifiques avouent qu'il s'agit de constructions arbitraires.
Ecrit par : anonyme | 01.04.2009
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