18.12.2008

PROFIL RELIGIEUX DES EVANGELIQUES

Les évangéliques, c'est quoi ?

Mon premier terrain de spécialisation au CNRS, ce sont les Églises évangéliques. Je dis bien évangéliques, et pas évangélistes, terme impropre!! Je les étudie maintenant depuis une douzaine d’années, et il faut reconnaître qu’il y a beaucoup de travail à faire. Il s’agit en effet d’un phénomène religieux en pleine expansion : entre 400 et 500 millions de personnes sur les cinq continents (en comptant la mouvance pentecôtiste-charismatique). Cela fait du monde…. Entre sept et huit fois la population totale de la France. Mais de quoi s’agit-il ? Comme on me le demande très souvent, je me suis dit qu'il serait utile d'en parler dans ce blog.

 

Trois complications surgissent quand il s’agit de définir les évangéliques.

1ère complication : c’est un mouvement transconfessionnel, ce qui rend leur identification parfois délicate. «Évangélique» ne se rapporte à aucune Église particulière. On peut être presbytérien et évangélique, ou être presbytérien et ne pas être évangélique. Même chose pour le méthodisme, le baptisme, et de multiples courants protestants. Les évangéliques se retrouvent dans de nombreuses Églises, dénominations, mouvements, sectes. Ce qui compte pour eux ce n’est pas l’étiquette confessionnelle, c’est d’être converti et « engagé pour Jésus ».

2ème complication : c’est un mouvement d’une grande diversité interne. On trouve chez-eux la plupart des styles religieux, des plus figés aux plus exubérants. Deux grandes familles se distinguent : les «piétistes-orthodoxes» et les «charismatiques-pentecôtistes». Les premiers mettent l’accent sur la fidélité biblique, l’orthodoxie, la piété (prière, lecture de la Bible). Ils se méfient des expressions émotionnelles spectaculaires. Les seconds mettent l’accent sur l’efficacité de l’action miraculeuse de Dieu au travers du Saint-Esprit, avec la prophétie, la glossolalie (capacité à parler des langues inconnues) et la guérison. Ils sont beaucoup plus expansifs que les premiers. Ces deux grandes tendances s’accordent assez difficilement, sans compter qu’elles comportent, chacune, de nombreuses subdivisions internes.

3ème complication : c’est un mouvement décentralisé. Il existe beaucoup de réseaux évangéliques, comme, en France, la FEF, l'AEF ou le récent CNEF. Mais on ne rencontre aucune institution représentative de l’ensemble des Églises évangéliques. A fortiori, aucune «Église» centralisée qui les rassemble. Le mode organisationnel préféré des évangéliques, c’est l’autogestion de l’Église locale, de l’assemblée des fidèles, suivant un principe d’autonomie qu’on appelle le congrégationalisme. Du coup, la réalité évangélique se décline en une multitude d’expressions locales diverses.

Malgré ces obstacles, il reste possible de cerner l’identité évangélique. Quatre critères nous aident pour cela ; Ils sont empruntés à l’historien David W. Bebbington. Ces quatre caractéristiques sont le biblicisme, le crucicentrisme, la conversion et l’engagement (militantisme). Lorsqu’on trouve ces quatre éléments à l’œuvre, on peut être à peu près sûr d’être en face d’une Église évangélique.

1. Biblicisme. Ce terme désigne la centralité de la Bible. Il signale une chose: les évangéliques sont des protestants. Le protestantisme, c’est un christianisme qui a déplacé la source centrale de légitimité d’une institution (la sainte Église) vers un texte, la Bible. Les évangéliques se situent dans cette filiation. Mais leur biblicisme comporte des accentuations spécifiques. La première, c’est l’accent sur la force normative de la Bible dans tous les domaines. La Bible est conçue comme un « code de la route » qui fait autorité dans tous les aspects de la vie du chrétien. La seconde accentuation, c’est la valorisation d’un rapport direct au texte. Les évangéliques n’aiment pas beaucoup les médiations critiques qui se placent entre eux et le récit biblique. Ils partent du principe que l’homme de la rue peut comprendre l’essentiel du texte, sans avoir besoin de passer par les sciences humaines. Ce rapport direct implique aussi une réticence marquée à métaphoriser les récits évangéliques. Quand le texte dit que Jésus accomplit un miracle, les évangéliques le considèrent comme un fait, pas comme une métaphore. Enfin, le biblicisme évangélique revêt une dimension primitiviste. C’est au travers du filtre fantasmé de l’Église primitive que les évangéliques lisent le texte. Les sédimentations historiques et culturelles qui se sont ajoutées au cours des siècles les gênent. Ils privilégient ce qu’ils pensent être le christianisme des premiers croyants, au risque d’une ignorance marquée pour les traditions chrétiennes ultérieures.


2. Crucicentrisme. Ce second élément de l’identité évangélique nous rappelle qu’avant d’être protestants, les évangéliques sont des chrétiens. L’ensemble des chrétiens se réfère à la Croix de Jésus-Christ, comme lieu du salut de l’humanité. Mais les évangéliques ajoutent à ce thème chrétien universel des accents spécifiques. Ils en proposent une lecture particulièrement dramatique, fondée sur une conception binaire de l’histoire qui oscille entre un «avant» marqué par la condamnation (le péché produisant la mort) et un «après» éclairé par la grâce (Jésus ayant payé le «prix du péché», la «dette» contractée par les pécheurs est effacée). Ils continuent par ailleurs à souligner que la Croix constitue la voie obligée du salut. Pour eux, «nous n’irons pas tous au Paradis». Seuls ceux qui ont accepté l’œuvre de la Croix seront sauvés. D’où l’importance cruciale de ce thème théologique, qui explique aussi pourquoi beaucoup d’évangéliques ont soutenu le film de Mel Gibson, The Passion (2004). En dépit des controverses et du côté très sanguinolant de ce film-choc, les évangéliques ont apprécié sa dimension crucicentriste, qui rejoint bien leur culture religieuse.


3. Conversion. S’il ne fallait retenir qu’un thème, ce serait celui-là. Les évangéliques représentent un christianisme de conversion, qui refuse l’identité chrétienne par héritage. Pour eux, ce n’est pas la naissance qui fait le chrétien, mais la nouvelle naissance, c’est-à-dire la conversion, définie comme une rencontre personnelle avec Jésus-Christ, reconnu comme Fils de Dieu, sauveur et seigneur. Cette rencontre s’adosse elle aussi à une lecture binaire des choses, avec un « avant » sous le sceau de la mort spirituelle, et un « après » sous le sceau d’une vie nouvelle. La conversion est sensée constituer le pivot à partir duquel la vie change de cours. L’accent sur la conversion a des conséquences sur les rites et sur l’ecclésiologie. Les rites de transmission générationnelle sont mal vus, à commencer par le baptême du nourrisson, jugé comme équivoque. A ce baptême, ils préfèrent le baptême du converti, car pour les évangéliques c’est la conversion qui donne l’identité chrétienne. Du point de vue de la définition de l’Église, l’accent sur la conversion induit aussi une reconfiguration, qui met en avant l’Église de militants, de convertis, au détriment d’une Église d’encadrement de masse. Le raisonnement des évangéliques est le suivant : si le chrétien, c’est un converti, alors l’Église, rassemblement des chrétiens, doit être une Église de convertis.


4. Engagement (militantisme). La conséquence logique de l’accent sur la conversion, c’est l’engagement militant. Si devenir chrétien s’apparente à une «nouvelle naissance» (référence à un récit évangélique situé dans le chapitre 3 de l’Évangile de Jean), alors la vie chrétienne doit marquer sa différence par rapport à l’ancienne vie. Être chrétien cela doit se voir, car c’est aussi le meilleur moyen de «montrer» Dieu. Comme l’écrit Jean-Paul Willaime, dans “le régime évangélique du croire, la meilleure preuve de l’existence de Dieu, c’est le fait que des individus le louent et le manifestent à travers des vies transformées”. Le type protestant évangélique est du coup proche du type militant, avec une efficacité sociale reconnue qui se double, parfois, de certaines dérives sectaires. Il valorise une implication quotidienne, que ce soit par la prière, le témoignage oral, l’ascétisme (refus du sexe extraconjugal ou préconjugal etc.). Cet engagement s’inscrit dans les sociabilités militantes d’Églises dites «de professants». Les communautés n’acceptent comme membres que les fidèles qui ont «professés» publiquement leur foi. La plupart des assemblées évangéliques sont de ce type, ce qui entraîne un biais statistique quand on compare avec d’autres Églises : entre une paroisse catholique de 8000 membres, avec une centaine de pratiquants hebdomadaires, et une Église évangélique de 40 membres, avec soixante pratiquants hebdomadaires, le «membre» ne veut pas dire la même chose*.
Avec ces quatre critères (biblicisme, crucicentrisme, conversion et engagement), les traits du type évangélique se dessinent… au moins sur le papier! Car sur le terrain, les critères ainsi définis ne se repèrent jamais à l’état pur. D’où la nécessité d’investigations fines, qui remplissent aujourd’hui l’agenda d’un nombre croissant de chercheurs.

Sébastien FATH

 

Sectes et religionVIDEOSectes et religion C DANS L'AIR

 

Fous de Jésus, qui sont les évangéliques ?

Evangélistes ou évangéliques ?

Le terme original en anglais est evangelicals. En français, certains l’ont traduit par“évangélistes” (comme on dit méthodistes). Mais la traduction “évangéliques” est préférable, pour éviter la confusion avec les quatre évangélistes du Nouveau Testament (Matthieu, Marc, Luc et Jean).

Quelle est l’origine de ce courant religieux ?
C’est un théologien américain du XVIIIe siècle, Jonathan Edwards, qui est considéré comme le père de l’évangélisme. Ce pasteur calviniste se désolait du caractère routinier de la pratique religieuse. Ses écrits sur le rôle des “affects” dans l’expérience de la foi ont conduit au premier “grand éveil”, ainsi qu’on appelle ces retours périodiques à la religion qui ont marqué l’histoire des Etats-Unis. Pressentant peut-être le risque de sectarisme, Jonathan Edwards expliquait que l’intensité des sentiments envers Dieu ne devait pas entrer en contradiction avec la raison. Lors du second “grand éveil”, à la fin du XIXe siècle, l’évangélisme s’est affirmé comme une forme typiquement américaine du protestantisme : égalitariste, individualiste, prosélyte, à la fois mystique et terre à terre, avec une propension au littéralisme biblique. Le troisième “grand éveil”, celui de ces trente dernières années, y ajoute deux composantes : les mass media et la mondialisation. Pour conquérir de nouvelles âmes, les Eglises ont recours au télévangélisme, à la musique rock, à la vidéo, au cinéma, aux sagas romanesques. Adaptées au mode de vie suburbain, les méga-églises ressemblent à des centres commerciaux. Dans le monde entier, l’évangélisme coïncide avec la diffusion des modèles culturels américains.

Evangéliques, “born again”, pentecôtistes
Ces trois notions se recouvrent en partie. Les évangéliques et les born again christians (chrétiens re-nés) peuvent appartenir à toutes sortes d’Eglises ou “dénominations”, en général des branches du protestantisme. Tous se réfèrent à la Bible et insistent sur leur rapport personnel avec Dieu ou Jésus, établi lors d’une redécouverte de la foi (c’est le cas, désormais célèbre, de George W. Bush). Après le baptême ou la conversion (“première bénédiction”), le croyant a besoin d’une “seconde bénédiction” pour confirmer son engagement. Le pentecôtisme, né en 1901 au Kansas, prône quant à lui une “troisième bénédiction”, le “baptême dans l’Esprit” : la descente de l’Esprit saint provoque des transes, des guérisons et le don des langues (tel celui reçu de l’Esprit saint par les apôtres lors de la Pentecôte). Le pentecôtisme est décrit comme la “religion des pauvres”, mais il promet la richesse et la réussite.

Combien sont-ils ?
Selon les projections de la World Christian Encyclopedia, il y aura en 2005 dans le monde 210 millions d’évangéliques et 523 millions de pentecôtistes (sur 1,9 milliard de chrétiens), répartis en une myriade d’Eglises comptant de quelques dizaines à plusieurs millions de membres. Trente-neuf mille dénominations sont répertoriées, dont plus de la moitié dans le tiers-monde. La Chine est le pays où le nombre de convertis augmente le plus vite (10 000 par jour), ce qui fait d’elle le troisième pays chrétien de la planète, après les Etats-Unis et le Brésil. L’Afrique et l’Asie sont des terres de mission depuis déjà longtemps, l’Europe de l’Est a suivi, et c’est maintenant le monde arabo-musulman qui est la cible. Les missionnaires évangéliques venaient au début des Etats-Unis, mais d’autres pays (Brésil, Nigeria, Corée du Sud) ont pris le relais.

Quel est leur rôle politique ?
Les 40 % d’Américains qui se déclarent évangéliques ou born again ont indéniablement joué un rôle dans la réélection confortable de George W. Bush. Leurs revendications politiques portent sur les “valeurs chrétiennes” (hostilité à l’avortement et à la recherche sur les embryons, au mariage homosexuel, à l’euthanasie), mais finissent par rejoindre le programme de la droite ultraconservatrice (sur la guerre en Irak et la sécurité intérieure). L’évangélisme de gauche à la Jimmy Carter est très minoritaire. En Amérique latine, leur rôle est plus complexe. La pratique démocratique de ces groupes protestants contraste avec la hiérarchie propre au catholicisme, très lié aux élites traditionnelles. Au Pérou, au Guatemala ou au Brésil dans l’entourage de Lula, des évangéliques représentent un certain changement politique.

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TEMOIGNAGE

J'ai quitté ce mouvement depuis longtemps déjà, trop fondamentaliste avec la Bible comme "parole de Dieu sans erreur" et comme seule vérité. C'est sûr, c'est moderne dans le déroulement des cultes, on prie avec ferveur, on écoute du rock chrétien galvanisant, on se bouge, ça donne une assurance et une certaine énergie. Mais au niveau théologique, c'est autre chose, il n'y a pas d'alternative en dehors du "Seigneur Jésus mort pour tes péchés et qui veut te délivrer du mal et de satan". Vision très acerbe sur le monde considéré comme égaré, la Bible lue au pied de la lettre, etc.

Au passage, chez les évangélistes on insiste beaucoup sur la relation personnelle avec Jésus qui est considéré comme un proche en fait. Comme si c'était un ami."......

......" Il semble qu'on utilise surtout le terme "évangéliste" pour parler de ces mouvements très particuliers de type fondamentaliste avec une lecture très littérale de la Bible considérée comme sans erreur. Ce qui est très différent des mouvements issus de la Réforme souvent libéraux et beaucoup plus tolérants.

Je pense par ailleurs que l'ensemble des "évangélistes" refusent ce terme du fait de son assimilation à un mouvement de type "secte". Il est vrai que les mouvements évangélistes sont sectaires. J'entendais souvent par exemple, et pour ne citer que celui-ci, dans les "Assemblées de Dieu" le terme "gens du monde", c'est à dire les gens qui ne sont pas dans l'église et sous-entendu "perdus".

Quand j'ai quitté ce mouvement, on m'a appelé "rétrograde" (backslider en anglais) car pour ces églises qui pensent détenir la "Vérité", vous êtes considérés comme "régressant" dans votre vie...

J'ai entendu le pasteur dire par exemple "Si vous quittez l'église, la vie sera pire pour vous." !!!!!!

Je ne vous dis pas les difficultés psychologiques que vous pouvez éprouver quand vous sortez d'un tel mouvement !

Je pense par ailleurs que les mouvements évangélistes rejoignent dans l'attitude les Témoins de Jéhovah, et ce pour en avoir discuter avec d'anciens membres.".......

........."A mon sens le terme "évangélistes" permet à juste titre une grande distinction entre églises de tradition réformée et libérale (beaucoup plus tolérantes et rationnelles) des autres fondamentalistes et intégristes. Et je pense que c'est la raison pour laquelle ce terme est utilisé par les médias de masse mais aussi par les grands journaux. Effectivement le terme "évangéliques" désigne tous les protestants et c'est pour cela que l'article du Nouvel Observateur "Les évangéliques: la secte qui veut conquérir monde" (février 2004, n°2051) a tant gêné les protestants alors que le journaliste visait bien les fondamentalistes.".......

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ARTICLES DE JOURNAUX

Dans le journal Le Monde du 21octobre 2005 :

Ces dernières années, le courant pentecôtiste s’est beaucoup développé. En effet, il "promet aux fidèles, dès ici-bas, un avant-goût de paradis. La participation aux assemblées de prière prend là des allures de "trip", qui fait oublier la misère du monde." »

 

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A propos des évangéliques tziganes :


Journal L'Humanité 27 août 2004 :

« Pendant le rassemblement, trois séances de prédication par jour sont prévues, ainsi que des chants, de prières et des témoignages de foi. "Reste une étrange impression mêlée, bourrage de crâne et foi candide, malgré la sincérité apparente des propos." »

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Brésil Vous avez dit évangélistes ?


Extrait:

Quoi qu’il en soit, en rupture totale avec la tolérance religieuse brésilienne, engagées dans une guerre " contre l’ouvre du diable " qui serait la cause des malheurs sociaux, les Églises évangélistes embrigadent dans une mobilisation permanente les gens les plus désespérés des quartiers pauvres, en prenant pour cible les traditions culturelles et spirituelles africaines, la liberté morale et sexuelle, la médecine, l’école, les forces progressistes et syndicales. Un succès qui trahit sans doute les cassures du tissu social et culturel du Brésil dans le cadre d’une grave crise qui l’atteint profondément

HUMANITE

 

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A Colorado Springs, paradis des évangélistes,
les chrétiens sont en "guerre culturelle"


Extrait:


Le pasteur est un adepte de la "marche de prière" . Quand il est arrivé à Colorado Springs en 1985, le péché, la contre-culture, l'homosexualité étaient partout. Il a organisé des prières autour des lieux de perdition. Il a fait des listes de noms à partir de l'annuaire du téléphone : les gens pour qui il fallait prier. Les "sorcières" New Age sont parties. "C'était un endroit de ténèbres" , explique Monique Ost, 22 ans, la responsable d'un groupe de jeunes. Le pasteur Ted Haggard vient de publier un livre sur le "prier-marcher", une discipline en développement dans un pays qui aime l'exercice. Il appelle les fidèles à aller marcher autour des écoles, des entreprises, des bâtiments gouvernementaux, des magasins d'alcool.

LE MONDE


 

Il faut lire un article dans le blog d’un responsable du site « topchrétien » Samuel Foucart qui s’oppose au consensualisme et qui ne peut laisser que de gros malaises…

Je sais que le monde chrétien tend, lui aussi, à une consensualité qui, par contre, me paraît parfaitement en désaccord avec l’Évangile. Je sais bien que Jésus a dit : « Vous serez haïs de tous » (Luc 21.17) et qu’il n’est pas question pour nous d’aller au-devant de cette haine-là par des prises de position, des argumentations ou des propos volontairement provoquant ! Non, laissons-la venir, cette haine, elle viendra bien d’elle-même pour ne pas dire qu’elle est déjà là !

L’Évangile de Jésus-Christ ne pourra jamais être consensuel
, tout simplement parce qu’il ne l’a jamais été ! Il n’est pas séduisant pour les raisons suivantes : il dit la vérité et met dans la lumière ce qu’est le problème de l’individu, de la société ou d’un pays ! Il n’est pas utopique mais parfaitement réaliste appelant un chat un chat ! Il ne peut pas s’accommoder à la sauce humaniste ni même religieuse ! À partir de là, comment prétendre croire qu’il soit possible de plaire et de complaire au plus grand nombre ! Impossible!

TOPINFO

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Journal "LA CROIX" du 22 décembre 2005, article intitulé "La galaxie en expansion du protestantisme évangélique", à propos du livre "Du ghetto au réseau : le protestantisme évangélique en France 1800 /2005 de Sébastien Fath,Editions Labor et Fides :

"Après avoir livré quelques unes des clefs de ses constatations, Sébastien Fath se place dans une perspective plus critique, identifiant quelques unes des fragilités du courant missionnaire évangélique qui représente dans le paysage actuel moins de six français sur mille. Les scénarios de dérives sectaires (...) ne sont pas exclus.
(Sébastien Fath est sociologue et chercheur au GSRL (Goupe de Sociologie des Religions et de la Laïcité, il serait protestant évangélique baptiste)

Journal "LE MONDE" du 24 décembre 2005 de Henri Tincq :

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Les évangéliques, fous de Jésus

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D'abord, saluer le voisin, un "futur frère du ciel", l'embrasser "sous le regard du Seigneur". Puis répéter les refrains qui défilent sur des écrans géants, chanter à tue-tête des hymnes et des louanges, balancer le corps, claquer des mains. La sono couvre à peine le "parler en langues", suite de mots et de sons inarticulés qui enfle pour invoquer l'Esprit saint.


Le pasteur Samuel Peterschmitt bondit sur scène. Quarante et un ans, cheveux courts et gominés, costume et cravate verts. Cet autodidacte sans formation théologique est l'un des meilleurs prédicateurs évangéliques de France. Il exerce à la Porte ouverte chrétienne de Mulhouse (Haut-Rhin), la plus grande megachurch bâtie sur le modèle américain, une affaire juteuse dont il a hérité de son père, Jean, un mennonite (anabaptiste). Ce soir, 3 000 fidèles remplissent un ancien hypermarché, racheté à bon prix, dans la banlieue de la ville.


Samuel Peterschmitt sait tout faire. Il chante et danse près d'accortes jeunes choristes. Micro à la bouche comme un crooner, il arpente la scène, ferme les yeux de manière extatique, chasse les démons. Il séduit, envoûte, électrise, magnétise : "La Bible m'a dit...", "Dieu m'a dit...". Et la foule, comme un seul homme, répond : "Amen." "Jésus est là parmi nous, prêche-t-il. Il est là pour chasser les démons, pour que les malades soient guéris, les pécheurs pardonnés." Il prie pour que la France prenne le "chemin de la repentance", pour les hommes politiques qui votent des "lois iniques", pour la société qui vit "dans le marasme". Il en appelle au respect du corps contre la pornographie, de la famille, des couples normaux, c'est-à-dire hétérosexuels. La foule s'agite, trépigne, chante en boucle : "Son sang m'a purifié, je le crois, je le crois... Mes fautes sont lavées par la croix, je le crois, je le crois."


D'autres prédicateurs prennent le relais. Comme Jacques Elbaz, juif converti, venu de Jérusalem : "Jésus revient bientôt, mais attention, le démon ne chôme pas. Portez tous le casque du salut." En Israël et en France, les juifs sont confrontés au "royaume des ténèbres". Il hèle son auditoire : "Est-ce que ce sont les juifs qui ont transpercé Jésus sur une croix ?" La foule hurle : "Non. Ce sont les Romains !" Les militants sionistes, un badge "Juifs pour Jésus" sur leur tee-shirt, exultent : " Nous voulons qu'Israël soit sauvé. Nous voulons que la France soit sauvée."


Deux heures déjà que la transe dure. Suivent des témoignages de guérison. Samuel Peterschmitt toise la foule : "Qui a besoin, ce soir, d'être sauvé ? Qui a besoin d'une délivrance ? Qui souffre d'une dépression ? Qu'il lève la main, sorte des rangs et approche." Des mains se lèvent. Cardiaques, migraineux, cancéreux sont invités à mettre leur main sur la zone souffrante de leur corps. Des pasteurs imposent leurs mains sur la tête. La foule des fidèles se serre et prie.
La Porte ouverte chrétienne de Mulhouse n'est que l'une des vitrines d'un courant "pentecôtiste" qui s'étend, mord sur les Eglises traditionnelles (catholique, réformée, luthérienne, etc.), progresse en terres protestantes (Alsace, Midi, région parisienne), déroute les pouvoirs publics tentés de l'assimiler à une secte. L'arrivée en France des évangéliques n'est pas récente, mais, de 50 000 après-guerre, ils sont aujourd'hui près de 400 000, et forment la composante la plus nombreuse du protestantisme. Ce modèle "pentecôtiste", le plus spectaculaire, est de loin celui qui progresse le plus, au détriment des Assemblées de Dieu, plus austères et puritaines.


Cette galaxie évangélique met l'accent sur la conversion, le fondamentalisme biblique, répondant à un besoin de consolation, de convivialité, de guérison. Des traits y sont hypertrophiés : le charisme du pasteur exorciste et thérapeute :la vision binaire du monde (purs et corrompus) ; la méfiance envers la société moderne et tout oecuménisme ; la défense du peuple juif appelé à se convertir le jour du retour du Christ annoncé dans l'Apocalypse . Enfin la fréquence des "engagements" : la megachurch de Mulhouse est une ruche débordant de réunions de prière, d'évangélisation, d'action sociale, de formation biblique, de missions, etc.
Ses prédicateurs sourient des articles de journaux sur le "péril évangélique", qui aurait traversé l'Atlantique. "Les gens viennent chez nous sans désir de conquête, mais parce qu'ils ne se sentent pas jugés. Jésus n'est pas venu pour nous juger, mais pour nous sauver", dit un animateur de la radio évangélique Phare FM, qui diffuse des témoignages de guérison toute la journée.


Jean-Daniel Peter a été exclu de l'Eglise réformée de France parce qu'il "rebaptisait" des adultes(les évangéliques ne reconnaissent pas le baptême des nourrissons et baptisent par immersion). Il exerce désormais en Belgique : "Je trouve dans les assemblées évangéliques des fruits de conversion et de guérison qu'on ne trouve pas dans les autres Eglises, trop rationalistes."


"L'avenir est devant nous, assure Jean-Pierre Riche, président de la Fédération des Eglises du plein Evangile de France. Nous apportons des réponses paisibles à tous les problèmes de la société." Soif de Dieu ? "Notre Dieu n'est plus le Dieu lointain d'autrefois. Chez nous, il n'y a pas de différence entre ce qu'on voit, ce qu'on sent, ce qu'on croit", répond-il. La famille malmenée ? C'est un thème-clé des évangéliques, qui déclarent la guerre à une télé dominée par l'"idéologie du RAF" (Ruquier-Ardisson-Fogiel) ! "On avalise la décadence au nom de la liberté, déplore Samuel Peterschmitt. Il y en a assez d'entendre dire que le divorce n'a pas de conséquences sur les enfants."


Président des Associations familiales protestantes (AFP), Pierre-Patrick Kaltenbach fait son miel dans ces milieux évangéliques. Il se bat pour qu'ils soient reconnus par les pouvoirs publics, s'étonne que le maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, s'obstine à ne pas recevoir la Porte ouverte chrétienne : "Il y a discrimination quand on finance des mosquées et pas un temple, quand on permet au Coran de sortir dans les rues et pas à l'Evangile", dit-il. Combat loin d'être gagné, car les évangéliques suscitent une répulsion proportionnelle à leur succès.


Les autres Eglises, protestantes et catholique, sont consternées. Dans le sud de l'Alsace, elles perdent leurs fidèles au profit de la Porte ouverte, dénoncent les dérives sectaires, le "trust familial" des Peterschmitt, les divisions dans les couples, la culture américaine qu'on tente d'importer. "Ces gens-là n'ont plus rien à voir avec le protestantisme français, explique le pasteur Philippe Aubert, président du consistoire de l'Eglise réformée de Mulhouse.Dans la société laïcisée, les gens ont sans doute besoin de symboles, de mystère et de certitudes. Mais, là, on nage en pleine idolâtrie et en plein néopaganisme."


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J'ajoute "ma petite pierre" à

ce témoignage et à ces articles :

Après avoir fréquenté, pendant un mois, le forum évangélique TOPCHRETIENS(dont références font suite), constitué de fidèles et de pasteurs et plus particulièrement les fils concernant le dialogue avec les autres religions (orthodoxe, catholique, musulman, j'ai pu constater :

- que les musulmans qui s'égarent sur le forum sont diaboliques, les catholiques trompent les ames et les conduisent à leur perte, les catholiques et orthodoxes sont idolatres,

- ils sont hostiles à toute forme d'unité et contre l'oecuménisme, c'est d'ailleurs précisé dans leurs statuts,

- leur lecture de la bible est littérale, sans nuances,

- ils sont intolérants. Leurs discours virulents et irrespectueux face aux autres confessions,

- ils éliminent immédiatement et arbitrairement tous messages les contrariant ou qui tenteraient de les contrer et de les destabiliser,

- ils sont persuadés d'être les seuls élus qui seront enlevés au ciel au moment des tribulations qu'ils attendent, leur seul souci étant de savoir si ça sera avant ou après

Commentaires

....."des gamins qui vénèrent le leader de leur pays, et embrassent son effigie en carton......."

http://www.youtube.com/watch?v=5CgvgjfwyPs&NR

Ecrit par : jo | 18.04.2007

Sans vouloir vous offusquer, cher Raton, j'ai l'impression que vous craignez les "évangéliques". Perso, ils ne me dérangent pas du tout, connaissant la Foi Chrétienne qui a subsisté depuis toujours, dont voici le résumé schématique:

Quadrilatère chrétien, selon le principe lex orandi/lex credendi( Rom.X/13-17, S.Célestin), lequel a résisté au temps depuis 2000ans, dans toute l'Église Chrétienne(pro-testante, byzantine, romaine).

Lex credendi(Foi objective ou théologale):
A- le canon scripturaire(hiéronymien), suffisant pour la Foi.
B- le Symbole de Nicée-Constantinople(381), résumé essentiel de la Foi.

Lex orandi(Foi subjective ou fiduciale):

C- Les Sacrements bibliques du Baptême et de la Communion
D- L'Oraison dominicale, ou invocation de Dieu par notre Unique médiateur Jésus-Christ: notre Père( Gal.3/25, Jn. 16/23, ITim.2/5).

Le tout fut conservé conformément aux promesses de Jésus-Christ à Son Eglise(Mt16/13-20, 28/19-20, ITim3/15, Eph4/4-7). Tout ce qui rejette ces bornes est hors de la Foi Chrétienne et catholique : extra ecclesiam nulla salus est(S.Cyprien)!

Je me cramponne à cette Foi et à l'objet de cette Foi:J-C. Quant au reste, le spectaculaire m'indiffère. Et vous?

Ecrit par : Alain Rioux | 01.07.2007

De fait, cher Alain, les points que vous citez sont bien le socle commun chrétien qui nous permet de dialoguer.

Les évangéliques n'y adhérant pas, ils ne sont pas chrétiens.

Ce qui m'agace beaucoup, c'est quand j'en entend avancer qu'ils ne sont pas protestants alors que par ailleurs, ils se revendiquent les seuls chrétiens !

PS. Je suis très agacée donc pas indifférente.....Je souhaiterais en fait que les choses soient officiellement clarifièes

Ecrit par : jo | 01.07.2007

Voilà un joli blog inter-dénominationel qui clarifiera les choses pour vous!...

http://blog-confessant.blogspot.com/2007/07/la-foi.html

Ecrit par : Alain Rioux | 15.08.2007

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